La cour constitutionnelle a validé en août 2026 les résultats officiels du recensement général de la population. Le pays compte désormais 3 millions 518 mille 621 personnes.
En 2013, le précédent dénombrement affichait 1 million 811 mille 079 citoyens. La banque mondiale prévoyait 2 millions 593 mille 130 habitants pour l’année 2025. La population totale a donc connu une forte augmentation depuis 2013.
La province de l’Estuaire rassemble 2 millions 186 mille 81 personnes, soit 62,1% du total. Cette zone métropolitaine concentre la grande majorité des résidents.
Le dénombrement indique la présence de 1 million 200 mille 256 étrangers. Cette population représente 34,1% du total actuel. En 2024, la banque mondiale évaluait cette proportion à 17,7%. En 2013, le pays comptait 287 mille 379 étrangers, soit 15,9%. Leur nombre a donc augmenté de 318%.
Les ressortissants maliens forment 22% de cette communauté. Les camerounais représentent 20% et les béninois atteignent 12%.
La banque africaine de développement indique que les étrangers contrôlent plus de 80% du secteur informel. Ce secteur pèse 49,1% du PIB. Il abrite 62% des entreprises selon les données de 2023. Les étrangers gèrent le petit commerce, les transports, la réparation et l’orpaillage.
Une étude de la banque mondiale datant de 2020 montrait que les étrangers occupaient un quart de la main-d’œuvre. Ils comblaient les manques de personnel qualifié.
Des tensions et des discours xénophobes apparaissent sur les réseaux sociaux. Des figures publiques locales expriment des critiques envers les commerçants étrangers installés dans les marchés.
L’immigration en provenance des pays voisins remonte aux périodes de croissance pétrolière. Des travailleurs maliens, sénégalais, guinéens et burkinabè sont arrivés par le passé.
Les données historiques sur les étrangers manquent de clarté. Les recensements de 1980 et 2003 ont été rejetés et classifiés.
Un sondage de l’Union Magazine en 1988 montrait des taux de désapprobation élevés. Les maliens, équatoriens et camerounais suscitaient le rejet de 72%, 60% et 57% des sondés.
Dans sa thèse de 1994, Dieudonné Ndemezo’o Nguema rapportait cette situation :
pour qui me prends-tu?
Cette phrase répondait à la question sur le travail dans les marchés aux côtés des étrangers.
En 1983, Libreville comptait 165 chauffeurs de taxi locaux pour 449 camerounais, 478 béninois et 133 togolais. L’enquête Promo-Gabon montrait que les citoyens ne possédaient que 31,6% des entreprises à la fin des années 1980.
Les citoyens possédaient 70% des débits de boissons, considérés comme des activités sans effort physique. Les autres métiers manuels étaient occupés par des étrangers entre 87% et 100%.


