La vérité · Le média pour les Africains par les Africains

Accueil » Koudougou 1987 : l’attaque du BIA et la chute de Boukary Kaboré

Koudougou 1987 : l’attaque du BIA et la chute de Boukary Kaboré

Le 27 octobre 1987, l’armée attaque le Bataillon d’intervention aéroporté à Koudougou. Cet assaut survient douze jours après l’assassinat de Thomas Sankara au Burkina Faso.

Le 27 octobre 1987, la ville de Koudougou bascule dans la violence au Burkina Faso. Douze jours auparavant, Thomas Sankara meurt lors du coup d’État du 15 octobre. Blaise Compaoré prend alors le pouvoir et dirige le pays. Toutefois, des poches de résistance militaire persistent dans plusieurs casernes.

Le capitaine Boukary Kaboré dirige le Bataillon d’intervention aéroporté basé à Koudougou. Surnommé le Lion du Boulkiemdé, il refuse de reconnaître les nouvelles autorités. Cette opposition irrite le pouvoir central installé à Ouagadougou.

Plusieurs émissaires tentent de négocier la soumission de l’officier rebelle. Alain Zoubga et Émile Gouba se rendent auprès de lui. Le capitaine Henri Zongo discute également avec lui dans le village de Poa. Hermann Yaméogo essaie de le persuader de voyager vers Ouagadougou. Toutes ces tractations diplomatiques échouent face au refus obstiné du chef militaire.

Boukary Kaboré déclare aux journalistes qu’il combattra jusqu’à la dernière cartouche. Il affirme plus tard que ses paroles sortent de leur contexte initial. Des sources militaires lancent l’assaut contre sa garnison le 27 octobre. Les combats provoquent des pertes humaines et des exécutions sommaires de soldats.

L’écrivain Valère Dieudonné Somé analyse cet épisode dans son livre paru en 1990.

À partir du moment où les dispositions d’attaque de la ville de Koudougou furent mises au point, tout engagement de la part du B.I.A. devenait suicidaire

Il explique que les négociations servaient simplement à piéger le bataillon. L’armée loyale au nouveau régime encercle progressivement la cité durant ces pourparlers.

Vingt-deux ans plus tard, l’ancien commandant revient sur les lieux des tueries. Il demande que les noms des militaires tués soient inscrits sur une stèle commémorative. Cette tragédie reste ancrée dans la mémoire des familles burkinabè.

Suivez Le Gnawo

À lire aussi