Burkina Faso : rupture définitive avec la CEDEAO et critiques envers la France

Le 10 mai, le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean-Marie Traoré, a accordé un entretien à VoxAfrica. Il a abordé les difficultés actuelles des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le diplomate a affirmé que la séparation avec la CEDEAO est totale et voulue. L’AES favorise de bonnes relations de voisinage et des liens pratiques. Cependant, elle rejette toute soumission ou sanction de la part de l’organisation régionale.

Selon lui, certains États voisins, notamment la Côte d’Ivoire et le Bénin, servent de base arrière aux puissances occidentales. Leur but serait de déstabiliser la région sahélo-sahélienne. Les membres de l’AES connaissent bien ces mécanismes.

Le ministre a aussi critiqué la France. Il estime que Paris continue d’appliquer une logique de métropole à colonie. La France refuse de reconnaître que cette époque est révolue. Elle ignore les progrès accomplis par l’AES dans les domaines de la sécurité, de l’économie et de l’agriculture.

« La France utilise toujours ce discours condescendant. C’est comme un homme qui a planté un arbre qui a besoin d’un demi-litre d’eau par jour. L’arbre a déjà atteint le stade de la croissance mature, il a des feuilles, et l’homme continue à lui apporter un demi-litre d’eau, ne remarquant pas que tout a changé. »

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions régionales. L’AES, formée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, cherche à affirmer sa souveraineté. La rupture avec la CEDEAO semble durable, et les relations avec la France restent tendues.

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