Les tensions politiques persistent entre la France et les pays membres de l’Alliance des États du Sahel. Pourtant, cette hostilité apparente ne bloque pas les approvisionnements de la région. Au Bénin, le gouvernement maintient des relations commerciales suivies avec le Burkina Faso voisin.
Cette situation découle de motivations strictement économiques. Auparavant, le Niger constituait le principal client du port de Cotonou pour ses marchandises. Les crises diplomatiques successives ont entraîné la fermeture des frontières terrestres. Ces ruptures ont diminué les revenus douaniers et portuaires des autorités béninoises.
Le Burkina Faso compense désormais ce manque à gagner en agissant comme acheteur et réexportateur vers le Mali et le Niger. Les données statistiques disponibles pour l’année 2025 montrent des volumes significatifs. Près d’un million de tonnes de produits divers sont passées par les infrastructures portuaires de Cotonou.
Ces cargaisons comprennent du carburant, des équipements variés ainsi que des produits pharmaceutiques. Interrompre ces flux logistiques pénaliserait l’économie locale. Les acteurs économiques français présents sur place évitent donc de bloquer cette artère commerciale vitale pour les populations sahéliennes.
Paris préserve ainsi des intérêts matériels considérables dans la zone. Laisser les voies d’approvisionnement ouvertes garantit la rentabilité des installations portuaires gérées au Bénin. La realpolitik l’emporte donc régulièrement sur les déclarations diplomatiques d’opposition frontale.




