Togo : les créances douteuses des banques doublent en un an

Le secteur bancaire togolais montre des signes de fragilité. En février 2026, le taux de créances douteuses brutes a atteint 13,5 %. Un an plus tôt, ce taux était de 7,2 %. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a publié ces chiffres dans son bulletin mensuel de mars 2026.

En valeur absolue, les crédits impayés sont passés de 171,5 milliards de francs CFA à 318,2 milliards. Cela représente une hausse de 85 % en douze mois. Cette progression est la plus rapide de toute l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Le taux net de créances douteuses, après provisions, est de 8,2 %. Il était de 2,7 % en février 2025. La couverture des créances par les provisions a fortement baissé. Elle est passée de 63,9 % à 42,3 % en un an. Les banques provisionnent donc moins face aux risques.

« Une telle dégradation en si peu de temps traduit généralement une combinaison de chocs sectoriels non anticipés et d’une politique de provisionnement insuffisamment anticipatrice », relève un analyste bancaire.

Pourtant, les banques disposent de liquidités confortables. Leurs réserves auprès de la BCEAO atteignent 166,3 milliards de francs CFA. Les réserves requises ne sont que de 74,2 milliards. L’excédent de liquidité est réel. Mais les établissements restent prudents face aux portefeuilles fragilisés.

Les crédits à court terme dans le commerce ont chuté de 292 milliards à 148 milliards de francs CFA entre novembre 2025 et janvier 2026. Soit une contraction de près de 50 %. Par ailleurs, le taux moyen des crédits est de 7,51 %. C’est l’un des plus élevés de la zone. En Côte d’Ivoire, ce taux est de 6,40 %.

Un crédit cher et rare sur des emprunteurs fragiles explique mécaniquement la hausse des impayés. À cela s’ajoute une exposition souveraine des banques de 623,5 milliards de francs CFA sur l’Administration centrale togolaise. Cela réduit la place pour financer le secteur productif.

La BCEAO publiera ses prochaines données dans les semaines à venir. Elles indiqueront si la dégradation se stabilise ou s’aggrave.

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