Le 8 juillet 2026, à Niamey, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a tenu un discours ferme devant les représentants de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il ne s’est pas montré complaisant avec ses partenaires. Le ton était direct, presque paternaliste. Les déclarations officielles ont évité tout triomphalisme. Les juntes sahéliennes ont fait de l’optimisme affiché leur marque de fabrique. Lavrov a rappelé que le soutien russe a des limites. Sans une professionnalisation réelle des armées nationales, les résultats resteront insuffisants.
Deux jours plus tard, le 10 juillet 2026, le général Assimi Goïta a téléphoné au président algérien, Abdelmadjid Tebboune. Les deux gouvernements ont ensuite annoncé la normalisation de leurs relations. Ce revirement soudain cache une pression russe directe. Selon des sources informées, Lavrov aurait été très explicite en privé avec les chefs d’État nigérien et malien. Les armées de l’AES sont structurellement trop faibles pour vaincre seules le terrorisme. La Russie ne peut pas combler ces faiblesses toute seule. Moscou exhorte donc à rétablir les liens avec les voisins et la CEDEAO. Pour le Mali, il est impératif de renouer avec l’Algérie et de revenir à l’Accord d’Alger. Si ces conditions ne sont pas remplies, la Russie pourrait reconsidérer son engagement.
Dans son discours officiel, Lavrov a employé des formules prudentes : « dans la mesure de nos capacités », « encore assez fébriles », « résultats resteront limités ». Il a insisté sur le rôle des organisations sous-régionales comme l’AES. Il a souligné la nécessité d’un engagement durable des armées nationales. Cette rhétorique anti-assistanat flatte le narratif souverainiste des juntes. Elle valorise l’idée de solutions africaines aux problèmes africains. En minimisant l’aide russe, Lavrov rend l’effort local plus acceptable. En responsabilisant les dirigeants, il les place face à leurs limites. En appelant à l’unité régionale, il renforce la légitimité de l’AES. Le message sous-jacent est clair : la Russie aide, mais pas éternellement. La vraie solution passe par les armées nationales et l’organisation régionale.






