Ibrahima Maiga partage une analyse sur l’histoire des Lions Clubs en Iran et a Cuba. En Iran, le tout premier club voit le jour a Teheran en 1956 avec le soutien de la famille royale. Manouchehr Eghbal, ancien Premier ministre, dirige cette structure. Pendant les annees 1960 et 1970, le recrutement concerne la haute bourgeoisie, les diplomates et les hommes d’affaires. Les reunions se deroulent souvent en anglais.
La revolution iranienne de 1979 renverse le Chah. Les autorites qualifient l’association de reseau maconnique lie aux Etats-Unis. Les biens subissent un gel et les locaux font l’objet de saisies. L’interdiction officielle arrive en 1980. Les anciens responsables locaux subissent des arrestations ou perdent leur emploi public en raison de leurs liens supposes avec l’etranger.
A Cuba, le club de La Havane nait en 1927. Durant les annees 1950, il devient l’un des plus importants de la planete. Ses membres financent des etablissements scolaires et des structures medicales. Fidel Castro arrive au pouvoir en janvier 1959. Il autorise d’abord les activites a condition de respecter les priorites d’Etat. La nationalisation de l’economie et le rapprochement sovietique provoquent l’exil de la bourgeoisie vers Miami.
Apres l’echec de la baie des Cochons en avril 1961, la situation change. Humberto Sori Marin, ancien commandant rebelle devenu opposant et membre du club, est arrete. Un tribunal militaire le juge pour conspiration avec la CIA avant de l’executer. Les autorites saisissent les biens et Lions Clubs International rompt les relations avec l’ile.
Ces deux episodes montrent des interdictions survenant apres des changements politiques majeurs. Les accusations mentionnent systematiquement des connexions etrangeres malgre les objectifs initiaux de bienfaisance. Pour les observateurs au Sahel, ces situations posent des questions sur la nature des reseaux associatifs et les decisions etatiques.


