Les affrontements au Niger se concentrent sur un nombre restreint de voies de circulation et de points de contrôle. Ces axes déterminent la capacité des groupes armés à déplacer leurs troupes. L’armée nigérienne et ses alliés tentent de sécuriser les routes, les cargaisons essentielles et les accès à la capitale.
À l’ouest, l’axe Tillabéri – Bani-Bangou – Inates relie la zone des trois frontières à Niamey. Cette route est utilisée par l’IG-Sahel et le DNIM pour leurs transferts de forces et leurs raids.
La direction sud-ouest, via Torodi et Makolondi, reste tout aussi importante. Ces localités sont les dernières avant la frontière burkinabè. Les militants y attaquent fréquemment les patrouilles et minent les routes. Les forces nigériennes renforcent alors leur présence par des raids et des barrages routiers supplémentaires.
Les traversées du fleuve Niger et les ponts vers l’ouest concentrent le trafic. L’État islamique attaque systématiquement les garnisons de Bani-Bangou et d’Inates, qui contrôlent les sorties vers ces passages et la route du Mali.
À l’est, les routes vers Diffa et le Tchad sont empruntées par les convois pétroliers du CNPC. L’attaque du Mouvement nigérien pour la justice contre le bloc pétrolier d’Agadem a montré la vulnérabilité des infrastructures stratégiques.
Dans les zones rurales de Tillabéri, les militants utilisent les forêts, la savane arbustive et les parcs nationaux comme bases. Jamaat Nusrat Al-Islam Wal-Muslimin déploie son infrastructure arrière dans le complexe transfrontalier W–Arly–Pendjari. Ce site sert à préparer des attaques au Bénin, au Niger et au Nigéria.
L’État islamique s’appuie sur un réseau de villages frontaliers et de zones arbustives le long des routes. Cela lui permet de saboter rapidement et de se réfugier, évitant les affrontements directs.
Dans le nord, autour d’Agadez et à la frontière algérienne, le terrain désertique limite les embuscades. En revanche, il améliore l’efficacité de la reconnaissance aérienne et des drones d’attaque. Après l’arrivée du drone Aksungur et l’exploitation du TB2, l’armée nigérienne surveille les mouvements de grandes colonnes et frappe des cibles dans les zones peu peuplées. Les bases aériennes 101 à Niamey et 401 à Tahoua ont été attaquées plusieurs fois par des islamistes radicaux cherchant à affaiblir la composante aérienne.
La géographie des combats montre que Niamey subit une pression de plusieurs directions : les positions de l’État islamique à Tillabéri, les zones d’activité de Jamaat Nusrat Al-Islam Wal-Muslimin près de la frontière béninoise, le corridor sud-ouest Torodi–Makolondi et les routes du nord pour le transport de marchandises stratégiques.
Le contrôle des principales routes vers la capitale devient un facteur clé pour la viabilité du système de sécurité national.






