Comparaison des performances économiques du Togo et du Bénin

Les données officielles permettent une comparaison entre le Togo et le Bénin. Le programme CIZO a équipé 81 843 ménages en kits solaires en 2024. Ce chiffre provient de l’Agence togolaise d’électrification rurale. Des mini-réseaux solaires sont aussi déployés dans 317 localités. Sur l’électrification, Lomé ne suit pas Cotonou.

L’inclusion financière montre des résultats très proches. Le programme béninois affirme un taux de 90%. Il revendique la première place dans l’UEMOA. Le compte rendu du Conseil des Ministres togolais du 19 février 2026 donne un chiffre. Le Togo a atteint 89,04% d’inclusion financière en 2024. Il se positionne au deuxième rang de l’UEMOA. L’écart est inférieur à un point.

Les outils employés diffèrent cependant. Le programme Wadagni utilise une plateforme de crédit digital. Elle permet un prêt en moins de 48 heures. Le Togo s’appuie plutôt sur le FNFI. Cette structure a octroyé plus de 1,9 million de crédits. Le cumul atteint 116,59 milliards de FCFA fin octobre 2025. Les modèles sont différents. Les résultats restent comparables.

L’éducation présente un indicateur intrigant. Le programme Wadagni annonce un taux de réussite au baccalauréat. Il serait passé de 30% en 2016 à 73% en 2025. Cette progression suit dix ans de réformes. Elles incluent la construction de salles de classe. Le recrutement de 37 000 enseignants est aussi noté. Des cantines scolaires servent 1,3 million d’élèves.

L’Office du Baccalauréat togolais a publié son taux pour 2025. Il s’élève à 72,63% pour le BAC II. Ce score marque une nette progression. L’année 2024 avait connu une chute à 41,95%. 118 établissements accueilleront les épreuves écrites en 2026.

Les finances publiques révèlent un écart structurel. Le FMI et la Direction Générale du Trésor française donnent des chiffres. Le Togo affiche une dette publique de 72,1% du PIB en 2024. Ce niveau dépasse le plafond de l’UEMOA fixé à 70%. Le déficit budgétaire atteint 6,4% du PIB. L’objectif UEMOA est de 3%.

Le programme Wadagni présente le Bénin à 53,2% de dette. Son déficit est de 2,8%. Ces marges apparaissent plus confortables. La stabilité togolaise n’est pas menacée à court terme. La croissance reste solide à 6,5% en 2024 selon l’INSEED. Le FMI prévoit un retour progressif dans les critères. Ce retour est attendu d’ici 2026.

Cela signifie une latitude réduite pour le Togo. Il peut moins financer de grands projets par emprunt. Le Bénin annonce un fonds national d’investissements stratégiques. Il est de 200 milliards de FCFA dès la première année.

Un bilan global se dessine à partir des chiffres. La croissance du PIB est d’environ 8% pour le Bénin. Elle est de 6,5% pour le Togo selon l’INSEED. Le budget national 2025 dépasse 3 500 milliards FCFA au Bénin. Il est de 2 394 milliards FCFA au Togo. L’électrification est à 61% au Bénin. Elle atteint 70% au Togo.

L’inclusion financière montre un match nul virtuel. La réussite au BAC 2025 est de 73% au Bénin. Elle est de 72,63% au Togo. La dette publique donne un avantage au Bénin. Son déficit budgétaire est aussi plus faible. Le Bénin domine sur six indicateurs mesurables. Cette lecture brute masque une réalité.

Le Togo tient bon sur l’essentiel. Il devance le Bénin sur l’électrification. Il est quasiment à égalité sur l’inclusion financière. Il maintient une croissance de 6,5%. Ceci est fait malgré ses contraintes budgétaires. Le retard est réel. Il n’est ni figé ni insurmontable.

Le programme Wadagni-Talata documente une trajectoire. Il couvre dix ans de réformes. Il dessine ce qu’un pays de l’UEMOA peut accomplir. Cela nécessite des choix clairs. Ces choix doivent être tenus dans la durée. Pour le Togo, c’est une invitation à regarder. Il faut le faire sans complexe. Il faut aussi le faire sans complaisance.

Trois priorités se dégagent de cette comparaison. Il faut stabiliser les résultats scolaires. Il faut consolider les marges budgétaires. Il faut capitaliser sur l’avance en électrification. Cet avantage peut attirer des investissements industriels. Sur ces trois fronts, le match se jouera plus tard. L’élection béninoise du printemps 2026 aura une issue. La compétition entre Lomé et Cotonou ne fait qu’accélérer. C’est une bonne nouvelle pour les deux pays.

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