Cameroun : Dagobert Nwafo condamné à mort pour le meurtre d’un enfant

Le 18 mars 2026, le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi a rendu son verdict dans l’affaire dite « Bébé Mathis ». Dagobert Nwafo a été condamné à la peine de mort par fusillade pour avoir tué Ouandji Beao Mathys Nathanaël, un garçon de six ans.

Après près d’une année d’instruction et de débats, le tribunal a jugé Nwafo coupable d’assassinat. L’audience, présidée par Mme Sanama Ekassi Alain, a débuté à 14h42 en présence de trois assesseurs. Vêtu d’un vêtement bleu, l’accusé avait passé la matinée à prier, mais le jugement n’a laissé place à aucun doute sur sa culpabilité.

Les faits reprochés sont graves. L’accusé a poignardé l’enfant avec un couteau de 42 centimètres, infligeant des blessures mortelles au cœur et aux poumons. L’enfant avait supplié :

« Tonton Blaise, tu me fais mal. »

Malgré ces appels, le geste de Nwafo a été déterminé.

Le tribunal a prononcé la condamnation à mort ainsi que des dommages et intérêts évalués à plusieurs centaines de millions de francs CFA. Ceux-ci se répartissent en compensation pour le préjudice moral et matériel des ayants droit, ainsi qu’en frais de justice. La confiscation du couteau utilisé lors du crime a également été ordonnée.

La partie civile avait réclamé un milliard de francs CFA pour le seul préjudice moral, évoquant la douleur extrême de la famille et les souffrances engendrées par la diffusion des images de l’autopsie. Le tribunal a alloué un montant total de 500 millions de francs CFA.

Le ministère public a requis la peine capitale sans circonstance atténuante, soulignant la préméditation. Selon lui, Nwafo avait choisi son arme avant de se rendre au domicile de la victime et a poursuivi son acte malgré les supplications de l’enfant. Le procureur a aussi dénoncé un refus d’admettre pleinement les faits, qualifiant la défense de mémoire sélective. Il a demandé une exécution par fusillade publique, déclarant :

« Son corps doit être transpercé par les balles, comme il a transpercé le corps de Bébé Mathis avec un poignard. »

Les avocats de la défense n’ont pas contesté la responsabilité de leur client, mais ont sollicité la reconnaissance de circonstances atténuantes. Ils ont rappelé que Dagobert Nwafo était un primo-délinquant et avait exprimé des remords, citant ses paroles :

« Je demande pardon. »

La défense a également invoqué le droit international, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques signé par le Cameroun, plaidant pour une justice axée sur la réparation plutôt que la vengeance.

Il faut noter que la dernière exécution capitale au Cameroun date de 1997. Depuis, les exécutions sont suspendues, le président n’accordant plus les décrets de grâce. La condamnation de Nwafo devrait vraisemblablement être commuée en réclusion criminelle à perpétuité, conformément aux engagements internationaux du pays qui limitent l’application effective de la peine de mort.

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