Le gouvernement burkinabè a annoncé le 8 mai 2026 la suspension des exportations de bétail. Cette mesure vise à garantir l’approvisionnement du marché national avant la Tabaski. Elle a été officialisée par un communiqué conjoint.
Au grand marché à bétail de Tanghin, à Ouagadougou, les avis divergent. Le 20 mai 2026, à 11 h 33, les commerçants sont installés par zones selon le type d’animal. Moutons, bœufs et chèvres se côtoient sous une odeur de paille humide et de poussière.
Zakaria Belem, commerçant depuis trente ans, trouve la décision compréhensible. Il estime toutefois qu’elle agit comme un couteau à double tranchant. Il regrette le calendrier choisi, juste avant la fête du mouton.
Beaucoup d’entre nous comptaient sur cette période pour rentabiliser leurs investissements, confie-t-il avec inquiétude.
Selon lui, la demande nationale ne suffira pas à absorber tout le bétail disponible. Il vendait auparavant en Côte d’Ivoire, où les clients peuvent cotiser six mois pour un animal. Les Ivoiriens restent, dit-il, les plus grands consommateurs de bétail pour la Tabaski.
Zakaria Belem invite les autorités à échanger davantage avec les acteurs du secteur. Il souligne que ses moutons coûtent à partir de 175 000 FCFA et les bœufs à partir de 600 000 FCFA. L’alimentation animale et le transport restent chers, ce qui empêche une baisse rapide des prix.
Paul Compaoré, commerçant depuis trente ans également, estime la mesure salutaire. Il pense qu’elle permettra aux musulmans d’accéder plus facilement aux moutons pour la Tabaski. Il n’a jamais exporté hors du pays.
D’autres acteurs, comme des bouchers et des restaurateurs, espèrent une baisse du prix de la viande. Ils saluent la décision gouvernementale. En revanche, certains commerçants dénoncent un manque à gagner important.
Le bétail provient souvent du Niger et du Nigeria. La crise sécuritaire complique l’approvisionnement en bétail local. Les commerçants adaptent leurs prix en fonction des coûts de transport et d’alimentation.
La filière reste partagée entre soulagement et inquiétude. Les autorités n’ont pas consulté les acteurs avant la décision. Cela a créé des tensions sur le terrain.






