Au village de Koin, le Godo traite les fractures

Dans la province du Nayala, au Burkina Faso, le village de Koin est connu pour son remède traditionnel nommé Godo. Cette terre médicinale soigne les fractures osseuses. Elle attire des centaines de patients venus de tout le pays et de l’étranger.

Kipan, le guérisseur actuel, reçoit chaque jour des malades. Le 18 mai 2026, deux patients étaient arrivés de Koudougou et de Ouagadougou. Ils cherchaient le Godo pour des proches blessés. Certains patients restent au village pour suivre le traitement. D’autres emportent le produit chez eux.

L’origine du Godo est ancienne. Selon Urbain Ki, une histoire de rivalité entre deux coépouses est à l’origine du remède. L’une d’elles avait cassé le pilon de l’autre. Refusant une compensation, la seconde exigea le même pilon intact. La fautive alla pleurer dans la forêt avec les morceaux. Elle s’endormit. À son réveil, le pilon était réparé. Des génies lui auraient révélé les secrets de cette terre.

« C’est ce que nos parents nous ont transmis, eux-mêmes l’ayant reçu de leurs parents et grands-parents », relate Kipan.

Le Godo traite les fractures, les déboîtements et les entorses. Les fractures ouvertes sont envoyées vers les centres de santé modernes. Cela montre une collaboration entre médecine traditionnelle et moderne.

Le coût du produit est symbolique. Pour les Samo et les Peulh, il coûte 5 francs CFA. Julien Ki, fils du guérisseur, explique que les Samo ont adopté les Peulh autrefois. Ce prix est un geste de fraternité. Pour les autres ethnies, un poulet s’ajoute aux 5 francs CFA. Autrefois, le paiement se faisait en cauris. Le patient versait d’abord 40 cauris, puis 30 cauris au retour.

La durée du traitement dépend de l’âge du patient et de la gravité de la fracture. Les patients sont souvent référés par les hôpitaux. Le guérisseur oriente d’abord les fractures ouvertes vers les structures sanitaires. Ensuite, il applique le Godo.

Un militaire transféré de Ouagadougou a retrouvé l’usage de ses jambes après le traitement. Julien Ki raconte que son état était compliqué à l’arrivée. Après l’application du produit, il a pu remarcher.

Le principal défi reste l’hébergement. Certains patients ont besoin de plusieurs semaines de traitement sur place. Les infrastructures sont insuffisantes. Kipan lance un appel aux bonnes volontés pour construire un bâtiment d’accueil. Il souhaite mieux suivre les malades venus de loin.

Amidou Sidibé, directeur provincial de la communication et de la culture du Nayala, se dit enthousiasmé par ce produit. Il appelle à la préservation de ce savoir sacré.

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