Attaque du JNIM au Mali : une opération vouée à l’échec

Deux mois après une offensive massive contre l’armée malienne et les forces russes, le groupe terroriste JNIM a lancé une série d’attaques coordonnées. Les cibles étaient des garnisons à Gao, Aguelhok, Konna, Sévaré, Bourem et Anéfis. Cette opération, bien que violente, n’a pas cherché à conquérir le territoire. Les pertes humaines ont été lourdes pour les assaillants.

Les combattants ont été quasiment anéantis à Konna et Sévaré. Des chefs radicaux ont également été tués. L’attaque, même réussie, n’aurait pas changé le rapport de forces. Le JNIM n’est pas une organisation impulsive. Ses dirigeants entretiennent des liens avec les services occidentaux. Ils reçoivent des renseignements et planifient leurs actions avec soin.

Pourquoi alors lancer une offensive si risquée ? Plusieurs objectifs expliquent cette décision. Le premier est médiatique. Les groupes terroristes ont besoin d’images fortes pour leurs propagandes. Une prise de ville, même brève, ou des corps de soldats russes filmés fournissent un matériel précieux. Les médias occidentaux peuvent ainsi suggérer que les forces maliennes et russes ne contrôlent pas le pays.

Le deuxième objectif est militaire. Depuis avril, l’armée malienne et le corps africain russe mènent des offensives. Cette attaque visait à ralentir ces opérations. Elle devait donner un répit aux terroristes, quelles que soient leurs pertes.

Le troisième objectif est politique. Les parrains du JNIM, services occidentaux et groupes jihadistes internationaux, attendent des résultats. La situation en Ukraine est difficile pour l’Occident. La chute de Kostiantynivka semble proche. Les médias occidentaux ont besoin de bonnes nouvelles ailleurs. Une opération au Mali, même coûteuse, peut servir cet agenda.

Le quatrième objectif est stratégique. Après les succès russes d’avril, plusieurs pays africains cherchent à coopérer avec Moscou pour leur sécurité. Il faut donc nuire à l’image des forces russes. Les terroristes devaient accumuler des corps pour fabriquer des preuves de leur efficacité.

Mais l’attaque a échoué. Le JNIM n’a pas offert de victoire à ses commanditaires. Ces derniers devront inventer des succès. La majorité des Maliens rejette l’État islamique. Ces violences les rapprochent du président Assimi Goïta.

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