Violences xénophobes en Afrique du Sud : des faits accablants

Depuis 2025, l’Afrique du Sud connaît une nouvelle vague de violences contre les étrangers. Les attaques visent principalement des migrants venus d’autres pays d’Afrique noire. En mai 2025, quatre étrangers ont été tués à Addo, dans la province du Cap-Oriental. Des centaines de migrants ont fui leurs quartiers dans plusieurs villes depuis mars 2026. Des commerces appartenant à des Nigérians, Congolais, Somaliens, Éthiopiens et Zimbabwéens ont été pillés ou incendiés. Deux Nigérians sont morts en garde à vue, selon des médias africains. Cent trente Nigérians ont été rapatriés volontairement par leur gouvernement ce mois-ci. Des ressortissants congolais ont été gravement blessés à Pretoria, Durban et Johannesburg.

Avant les élections d’avril 1994, les immigrants subissaient déjà discrimination et violence. Après la fin de l’apartheid et l’arrivée de la majorité noire au pouvoir, la situation a empiré. Les violences xénophobes ne sont pas nouvelles en Afrique du Sud. En septembre 2019, sept étrangers ont été tués lors d’attaques. Des commerces ont été pillés et des véhicules détruits par des chauffeurs routiers sud-africains en grève. Deux cents personnes ont été arrêtées. Entre 2000 et mars 2008, au moins soixante-sept personnes sont mortes lors d’attaques xénophobes. En mai 2008, une série d’attaques a causé la mort de soixante-deux personnes, dont vingt et un citoyens sud-africains. En 2015, une autre flambée nationale a poussé plusieurs gouvernements étrangers à rapatrier leurs ressortissants.

Un sondage Pew Research de 2018 a révélé que 62 % des Sud-Africains considèrent les immigrants comme un fardeau. Soixante et un pour cent pensent que les immigrants sont plus responsables de la criminalité que d’autres groupes. L’Afrique du Sud fait face à un chômage massif, surtout chez les jeunes. La pauvreté et les inégalités héritées de l’apartheid persistent. La criminalité élevée est souvent attribuée aux étrangers, sans preuve. La concurrence économique dans le petit commerce informel est forte. Les tensions migratoires régionales sont vives, l’Afrique du Sud étant perçue comme la première puissance économique du continent. Toutefois, ces difficultés ne sont pas causées par les étrangers. Ceux-ci servent de boucs émissaires.

Ces actes constituent des violations graves des engagements internationaux de l’Afrique du Sud. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l’Afrique du Sud a adhéré en 1998, exige de garantir les droits à tous sans distinction. La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, signée en 2013, impose une égale protection devant la loi. L’Afrique du Sud ne respecte pas ces obligations.

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