Du 19 au 21 mai 2026, Ouagadougou accueille un atelier sur le secteur informel dans l’UEMOA. Des représentants d’institutions communautaires, de chambres consulaires, d’experts et d’acteurs publics et privés y participent. L’objectif est d’examiner, d’enrichir et de valider une étude globale sur ce secteur.
Guynand Maxime-Thierry Kouamé, directeur de cabinet représentant le commissaire chargé du Développement de l’entreprise, des mines, de l’énergie et de l’économie numérique (DEMEN) de l’UEMOA, a ouvert la cérémonie. Il a déclaré :
Dans notre union, neuf travailleurs sur dix exercent dans l’économie informelle.
Il a ajouté que ces travailleurs évoluent sans contrat écrit, sans protection sociale et sans accès structuré au financement. Cette situation n’est pas un phénomène passager. Elle constitue la réalité des marchés du travail ouest-africains depuis des décennies.
Selon les données d’AFRISTAT), le taux d’emploi informel dans l’UEMOA atteint 92 %. Hors agriculture, il reste à 89,6 %. L’Organisation internationale du travail (OIT) estime à 85,3 % le taux d’informalité en Afrique en 2024. Kouamé a cité la Banque mondiale : les pays à forte informalité perdent entre cinq et douze points de PIB en recettes publiques potentielles. Cela réduit les capacités des États à financer les services essentiels.
Seydou Tou, représentant le ministre de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, a salué cette rencontre. Il a rappelé que le secteur informel est une composante essentielle des économies africaines. Il joue un rôle fondamental dans la résilience économique des populations, surtout face aux défis sécuritaires, sociaux et économiques.
Au Burkina Faso, l’économie informelle irrigue le commerce, l’artisanat, l’agriculture, le transport et les services. Derrière ce dynamisme se cachent des fragilités : accès limité au financement, faible protection sociale, insuffisance de structuration, faible productivité et obstacles administratifs et fiscaux. Tou a souligné :
Ces réalités interpellent nos États sur la nécessité d’adopter des approches progressives et inclusives pour accompagner les acteurs du secteur vers une meilleure intégration dans l’économie formelle.
Adama Ouédraogo, représentant la présidente de la Chambre consulaire régionale (CCR) de l’UEMOA, a rappelé l’importance de cette question. La CCR-UEMOA a commandité une étude globale avec un plan d’action quinquennal. Ce plan vise à accompagner la transition vers des économies plus formalisées, inclusives et compétitives. Ouédraogo a insisté : la formalisation ne doit pas être vue uniquement sous l’angle fiscal ou réglementaire. Elle doit être un processus progressif d’intégration économique et sociale.






