Au Togo, la grande majorité des entrepreneurs utilise des ressources personnelles pour lancer leur activité. Des données de la Banque mondiale le confirment. Ainsi, 94% des entrepreneurs togolais financent leur début avec leurs fonds ou leur réseau. Plus précisément, 73% ont recours à l’auto-financement. Un autre 21% mobilise l’aide de la famille ou des proches.
Les sources de financement officielles restent très minoritaires. Seulement 5% des entrepreneurs accèdent à un crédit formel. Les banques commerciales ou les programmes publics sont concernés. Les sources informelles représentent quant à elles 1%. Cette structure montre des contraintes d’accès au crédit.
la majorité des travailleurs indépendants […] s’appuient principalement sur leur épargne personnelle ou sur le soutien de leur famille et de leurs amis pour financer leur capital de démarrage
Ce modèle s’explique par plusieurs facteurs. Les coûts d’accès aux services financiers sont élevés. Les exigences de garantie ne conviennent pas aux petites unités. Le Togo n’est pas un cas isolé en Afrique de l’Ouest. Des tendances similaires existent chez ses voisins.
Au Sénégal, 74% des entrepreneurs utilisent leurs ressources propres. Ce taux est de 76% en Guinée-Bissau. Il atteint 79% au Nigeria. Le Bénin et la Côte d’Ivoire affichent aussi des niveaux élevés. Ils sont respectivement à 79% et 81%. Le Mali présente le taux le plus fort. Il culmine à 85%.
Dans ces pays, le financement familial est la seconde source. Les circuits formels sont peu mobilisés. Ces données reflètent une économie dominée par l’informel. Le rapport de la Banque mondiale le précise.
l’emploi non agricole est dominé par des entreprises familiales informelles
Ces entreprises servent principalement des consommateurs locaux. Cette configuration limite l’intégration aux chaînes de valeur formelles. Elle freine aussi l’accès aux financements structurés. Il faut noter que ces chiffres datent de 2021. Ils ne tiennent pas compte d’évolutions récentes.
Le pays a enregistré des efforts notables. L’inclusion financière a progressé ces dernières années. Le taux d’inclusion a atteint 89,04% en 2024. Il était de 87,7% un an plus tôt. Le Togo se place ainsi parmi les pays avancés de l’UEMOA.
Cette dynamique repose sur plusieurs leviers. Le Fonds national de la finance inclusive est central. Il cible les populations exclues du système bancaire. Fin 2025, le FNFI avait octroyé plus de 1,9 million de crédits. Le montant cumulé atteignait environ 116 à 117 milliards FCFA.
Les autorités utilisent aussi d’autres outils. La microfinance et le mobile money sont développés. La digitalisation des services est encouragée. Ces actions visent à élargir l’accès, surtout en zone rurale. D’autres dispositifs comme l’ANPGF ou le MIFA existent. Ils cherchent à réduire le risque pour les banques. Ils facilitent le financement des PME.
Le Togo a aussi amélioré son environnement des affaires. Le classement Doing Business 2020 le montre. Le pays était 15ème mondial pour la création d’entreprises. Il était premier en Afrique sur cet indicateur. Des réformes ont concerné plusieurs domaines. L’exécution des contrats a été visée. Le commerce transfrontalier a été simplifié.
La dématérialisation des procédures a été mise en œuvre. Les délais d’import et d’export ont été réduits. L’obtention d’un permis de construire a aussi été réformée. Le pays est passé de la 133ème à la 127ème place. Le raccordement à l’électricité et à l’eau a été facilité. Le transfert de propriété a connu une nette amélioration.
Les délais ont été drastiquement réduits. Le cadre des marchés publics a été assaini. La professionnalisation et la numérisation ont progressé. Le paiement des taxes et impôts a été simplifié. Ces changements bénéficient au secteur privé. Ils soutiennent le Plan national de développement. La situation évolue donc malgré les chiffres initiaux. L’accès au financement formel reste un défi persistant.






