À quelques jours de l’Aïd el-Kébir, les marchés à bétail de Ouagadougou manquent d’animation. Les vendeurs constatent une faible affluence. La hausse du coût de l’alimentation animale pèse sur leurs affaires. La suspension de l’exportation du bétail complique aussi la situation.
Le samedi 23 mai 2026, une équipe de Minute.bf a visité les marchés de Tanghin et Kilwin. La Tabaski est prévue pour le mercredi 27 mai 2026. Le mouton reste la viande prisée pour cette fête musulmane.
Au marché de Tanghin, des milliers de moutons attendent. Abdoul Karim Ouédraogo, vendeur depuis vingt ans, semble inquiet.
« Il n’y a pas de marché », lance-t-il, regard hagard.
Il explique que les clients espèrent des prix bas à cause de l’interdiction d’exporter. Pourtant, les aliments pour bétail coûtent cher.
« On ne peut pas acheter cher et vendre moins cher. Autrement dit, nous vendons à perte. Cela ne nous arrange pas », déplore-t-il.
Ses moutons se négocient entre 250 000 et 350 000 FCFA.
Chez Mohamed Bougma, les prix commencent à 100 000 FCFA.
« La décision gouvernementale de suspendre les exportations n’a pas d’effet sur mes prix. Les prix sont restés fixes », a-t-il déclaré.
Il ajoute que le sac de tourteau est passé de 9 000 à 14 000 FCFA. L’emballage de haricots coûte maintenant 7 000 FCFA, contre 3 000 FCFA avant.
Moumouni Kiemtoré observe un ralentissement des ventes.
« Si le gouvernement prend une décision, nous ne pouvons que suivre. Mais cela ne veut pas dire que les prix vont baisser », affirme-t-il fermement.
Ses marges sont réduites.
« Si on achète un mouton à 100 000 FCFA pour le revendre à 150 000 FCFA et qu’un client propose 120 000 FCFA, on ne peut pas vendre à perte », insiste-t-il.
Ses prix varient entre 98 000 et 155 000 FCFA.
Au marché de Kilwin, les difficultés sont les mêmes. Amidou Kaboré explique que le marché souffre d’un manque de clients.
« Le marché est très lent. Ce n’est pas encore ce que nous espérions. Chez moi, les prix des béliers varient entre 52 000 et 250 000 FCFA », a-t-il résumé.
Il espère écouler son bétail après la fête pour éviter des pertes.
Saïdou Sinaré salue la décision d’interdire l’exportation.
« La décision est venue trop brusquement. Peut-être que l’information ne nous est pas vite parvenue pour qu’on se prépare. Mais cela ne peut en aucun cas jouer sur les prix de mes béliers que j’ai achetés pour revendre. Les prix de mes béliers vont de 50 000 à 200 000 FCFA », a-t-il souligné.
Vers 16 heures 30, les moutons attendent toujours des acheteurs. La Tabaski est pour ce mercredi 27 mai 2026.






