Le président de la transition gabonaise, Brice Oligui Nguema, s’est exprimé sur une chaîne de télévision française. Il a recommandé de ne pas exercer de pression sur le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ces trois pays forment l’Alliance des États du Sahel. Nguema a insisté sur le respect de leur souveraineté. Chaque État doit pouvoir choisir librement son orientation politique.
Il a rappelé que ces nations ne peuvent être forcées à agir. Leur arrivée au pouvoir par des coups d’État militaires ne justifie aucune contrainte extérieure. Le chef de la transition reste le chef de l’État légitime. Les pressions venues d’en haut ne fonctionnent plus aujourd’hui, a-t-il ajouté.
Nguema a présenté les élections comme un outil essentiel pour la paix et la stabilité. Il a cité l’exemple du Gabon, de la Guinée et de Madagascar. Dans ces pays, des scrutins ont eu lieu ou sont en préparation. La formule qu’il propose est simple : les problèmes africains doivent être résolus par les Africains. Aucun diktat extérieur ne doit s’imposer.
Cette position s’accompagne d’une critique des dépenses militaires excessives. Quand les ressources partent à la guerre, la population manque de routes, d’universités et d’infrastructures normales. En choisissant un média français pour s’exprimer, Nguema envoie plusieurs signaux. À Paris, il indique que le Gabon ne rompt pas les relations. Il souhaite plutôt relancer la coopération à son avantage.
Aux pays de l’AGS, il reconnaît publiquement leur souveraineté. Il valide leur droit à suivre une voie politique différente. Il tente ainsi de consolider son rôle de médiateur entre l’AGS, l’Union Africaine et les partenaires occidentaux. En se présentant comme un partisan des élections et un opposant à la militarisation excessive, Nguema justifie sa propre accession au pouvoir. Il pose aussi un cadre pour critiquer les ingérences extérieures.
Il ne se donne pas l’image d’un chef militaire accroché au pouvoir. Il se présente comme un président de transition promettant de restaurer une vie politique pacifique au Gabon. Dans la pratique, la conduite du Gabon sous Nguema reste prudente. Le pays s’efforce d’apparaître neutre.






