Salifou Taïta obtient un Master 2 sur le rôle des chefs coutumiers

Salifou Taïta a soutenu son mémoire le 16 juillet 2026. Le jury était présidé par le professeur Magloire Somé. L’étudiant a obtenu un Master 2 recherche en sciences politiques. Son travail portait sur le rôle des leaders coutumiers. Il a choisi le cas du Mogho-Naaba.

Le contexte historique a été rappelé par le candidat. En août 1983, un coup d’État militaire a eu lieu. Le régime de Thomas Sankara a pris le pouvoir. Il s’est achevé en octobre 1987 par son assassinat. Blaise Compaoré a ensuite dirigé le pays. Après trois ans d’état d’exception, une nouvelle constitution a été adoptée. Elle date du 2 juin 1991.

Selon Salifou Taïta, Blaise Compaoré a voulu modifier l’article 37. Cet article limitait les mandats présidentiels. L’opposition et la société civile ont appelé à la résistance. Un soulèvement populaire a eu lieu les 30 et 31 octobre 2014. Le président a démissionné. Une transition politique civile a été mise en place.

Le candidat a souligné le rôle du Mogho-Naaba durant cette transition. Il a estimé que l’implication des chefs coutumiers a permis d’apaiser les crises. Pourtant, ces autorités ont parfois été écartées du pouvoir. Maurice Yaméogo et Thomas Sankara avaient réduit leur influence. Blaise Compaoré les a sollicités pour sortir de crises.

Alors que l’on pouvait penser que ces acteurs sombreraient après la chute de Blaise Compaoré en 2014, ils ont repris du service dans l’arène politique de façon officieuse, mais intensive. Ainsi, les jours qui ont suivi la chute de Blaise Compaoré, sa Majesté le Moogho-Naaba Baongo a joué un rôle très important. Hommes politiques et militaires sont fréquemment allés chercher conseil auprès de celui-ci (International Crisis Group, 2015). Il était alors devenu une autorité incontournable dont l’onction était nécessaire pour prétendre jouer un rôle politique durant cette période, passant ainsi d’acteur de l’ombre à acteur visible sur la scène politique. Cela pose encore la problématique générale de la participation des chefs traditionnels dans la gestion publique et étatique. Plus spécifiquement, celle de leur influence souterraine ou visible sur les pouvoirs publics. Au-delà de cette position de principe, c’est la reviviscence de la chefferie coutumière et traditionnelle dans l’État moderne qui nous interroge. En considérant la période de la transition qui a connu beaucoup de remous, l’ensemble des autorités coutumières et religieuses, et particulièrement le Mogho-Naaba, ont joué un rôle majeur dans la gestion des crises qui sont survenues. Cela suggère à l’esprit une question majeure : qu’est-ce qui explique le recours aux leaders coutumiers et religieux et surtout au Mogho-Naaba, ainsi que la relative réussite de leur intermédiation dans la gestion des crises politiques de la transition ? C’est pour répondre à cette question que nous avons choisi de nous intéresser au sujet suivant : le rôle des leaders coutumiers au Burkina Faso pendant la période de la transition de 2014 à 2015 : cas du Mogho-Naaba.

Sur la méthode, Salifou Taïta a choisi une approche qualitative. Des entretiens libres et semi-directifs ont été menés. Les personnes interrogées étaient des protagonistes des crises. Des acteurs de la médiation et de la société civile ont aussi participé. Il a utilisé des ouvrages et articles scientifiques. Il a cité de la littérature grise comme des rapports et discours.

Le travail a exploré un pan récent de l’histoire du Burkina Faso. L’échantillon aurait pu être élargi aux militaires. La sensibilité des questions militaires a limité cette extension.

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