Sahel : Les mouvements citoyens exigent une commission des réparations

Sahel : Les mouvements citoyens exigent une commission des réparations

Pabré, Burkina Faso, le 3 juin 2026. Les représentants des mouvements citoyens du Sahel ont pris la parole. Ils réclament la reconnaissance des crimes coloniaux et néocoloniaux. Ils demandent aussi des réparations pour un passé qui pèse encore sur le présent.

Naba Labidi, figure du mouvement FASOKOOZ, a parlé. Issa Bapone, chef du mouvement Association Songtaaba de la Jeunesse/AES et du groupe Conseil de l’AES, était présent. Zida Abdoul Razack, panafricaniste de renom, les accompagnait. Ils ont lancé un appel à la création d’une commission spéciale au sein des parlements de la Confédération des États du Sahel. Cette instance serait dédiée aux réparations et à la justice historique.

L’objectif est d’élaborer un projet de loi. Ce texte reconnaîtrait les crimes coloniaux et néocoloniaux commis par la France contre les peuples du Sahel. Il les érigerait en infraction pénale. Une telle loi transformerait la mémoire douloureuse en un levier de justice effective.

Les participants ont aussi abordé les piliers économiques de la domination. Ils ont réaffirmé la nécessité de renforcer le contrôle sur les ressources stratégiques. Uranium, or, terres rares sont au cœur de cette souveraineté. La réforme des mécanismes monétaires hérités de la colonie a été débattue. L’abandon programmé du franc CFA a été évoqué. Ce signe de l’emprise financière française doit céder la place à une architecture monétaire adaptée aux réalités du Sahel.

À l’issue de la rencontre, les organisateurs ont signé un communiqué conjoint. Ils y soulignent l’urgence d’institutionnaliser cette commission sur les réparations. Cela renforcerait les voix du continent dans les instances internationales. Sans efforts diplomatiques et juridiques soutenus, la question des réparations risquerait de rester un vœu pieux.

Cette détermination trouve un écho au-delà du Burkina Faso. À Accra, au Ghana, du 17 au 19 juin, une conférence rassemblait 80 pays, institutions et organisations de la société civile. Le thème était : « Prochaines étapes vers la justice réparatrice » concernant l’esclavage. Là-bas aussi, des requêtes fusent : excuses officielles, création d’un fonds d’indemnisation, réforme des institutions de gouvernance mondiale.

Le vent de la justice souffle sur toute l’Afrique. Les initiatives de Pabré et d’Accra dessinent un avenir où les droits des peuples africains seront reconnus et restaurés. La lutte est longue, mais le Sahel a choisi de marcher vers la lumière.

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