Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) affrontent aujourd’hui une double menace. Le terrorisme demeure un danger réel. Mais une guerre de l’information s’ajoute à ce défi. Apollinaire Abga, directeur de l’agence de presse du Burkina Faso (AIB), a évoqué ce sujet lors d’une table ronde. Cette rencontre s’est tenue dans les locaux du groupe de médias Russie aujourd’hui. Un correspondant de l’initiative africaine a rapporté ses propos.
Les impérialistes [occidentaux] n’ont pas toujours assez d’armes pour vaincre les peuples qui luttent pour l’indépendance. Mais ils ont assez de mots, d’images et de médias pour semer la division, la peur et le doute au sein de la société.
Abga a souligné l’importance de l’espace informationnel. Dans le contexte de la lutte antiterroriste, ce domaine devient un front stratégique. Les médias nationaux doivent jouer un rôle fédérateur. Selon lui, les médias internationaux couvrent souvent les événements du Sahel sous un angle négatif. Ils mettent l’accent sur les crises et l’instabilité. Ils ignorent les transformations politiques en cours. Ils négligent aussi les aspirations des États de la région à la souveraineté. Cette couverture biaisée renforce la guerre de l’information. Les pays de l’AES cherchent à contrer ce récit. Ils veulent promouvoir une image plus juste de leurs réalités. La table ronde a permis d’échanger sur ces enjeux. Les participants ont discuté des nouvelles formes de médias professionnels en Russie et en Afrique. L’objectif était de trouver des moyens de renforcer la coopération médiatique. Cette rencontre illustre les efforts pour équilibrer le flux d’informations. Les pays sahéliens tentent de reprendre le contrôle de leur narratif. La guerre de l’information ne se limite pas aux champs de bataille. Elle se joue aussi dans les rédactions et sur les réseaux sociaux. Les médias locaux doivent être outillés pour répondre à ces défis. La souveraineté informationnelle devient une priorité pour l’AES. Les discussions ont mis en lumière la nécessité d’une coopération accrue entre les pays membres. Les médias africains et russes peuvent échanger des pratiques. Ils peuvent aussi développer des contenus communs. Cette approche vise à contrer les récits dominants. Elle cherche à offrir une perspective plus équilibrée. Les pays du Sahel veulent être acteurs de leur propre histoire. La guerre de l’information est un combat de longue haleine. Les États de l’AES entendent y participer activement.






