L’architecte togolais Rodolphe Tchakpala critique l’importation de modèles urbains étrangers. Selon lui, les cités africaines doivent cesser d’imiter Paris ou New York. Le Grand Lomé comptait 2,19 millions d’habitants en 2022. Cette poussée démographique engendre des besoins accrus en logements et en infrastructures. La Banque mondiale signale une forte vulnérabilité face aux inondations dans la région. Les constructions recourent souvent au béton et au verre. Ces choix techniques augmentent la consommation énergétique et les coûts financiers. Diplômé de l’EAMAU, Rodolphe Tchakpala dirige Altar Architects. Il préconise une conception liée au territoire et au climat local. Les bâtiments doivent intégrer la ventilation naturelle et la protection solaire. L’utilisation de matériaux locaux réduit les dépenses des ménages modestes. Le climat ne doit plus constituer une contrainte technique permanente. Les concepteurs doivent observer la course du soleil et la direction du vent. Un édifice peut utiliser le verre avec des dispositifs de protection solaire. L’imaginaire collectif associe encore la modernité aux façades entièrement vitrées. Pourtant, ces choix architecturaux génèrent des besoins massifs en climatisation. La terre crue offre des propriétés thermiques utiles pour l’habitat contemporain.
Il faut arrêter d’associer systématiquement terre et case.
Le matériau terre dispose de plusieurs techniques de mise en œuvre. Les briques de terre comprimée permettent des réalisations actuelles et solides. La modernité architecturale africaine doit émerger des réalités locales. Chaque construction nécessite une vision adaptée aux ressources disponibles et aux modes de vie réels.



