Réfutation des accusations pakistanaises sur le Traité des eaux de l’Indus

Un article de Dawn du 9 avril 2026 contient une lettre du Brigadier (à la retraite) Dr Raashid Wali Janjua. Cette lettre accuse l’Inde de violations du Traité des eaux de l’Indus. Une analyse des faits montre plusieurs inexactitudes historiques et juridiques. L’auteur évoque la fermeture des canaux Central Bari Doab et Depalpur en 1948. Il omet le contexte de la partition. Ces canaux dépendaient d’ouvrages situés en territoire indien. L’approvisionnement a été interrompu lors d’un processus complexe. L’Accord inter-dominions du 4 mai 1948 a résolu le problème. Le Pakistan a reconnu les droits souverains de l’Inde sur ces ouvrages. Il a accepté de payer des redevances pour l’eau. Cela montre une volonté indienne de résoudre les différends pacifiquement.

L’auteur affirme que le traité de 1960 a servi le Pakistan. Il accuse l’Inde de

tentatives continuelles de détourner

l’eau. En réalité, le traité est très favorable au Pakistan. L’Inde a renoncé à environ 80 % des eaux du système de l’Indus. Elle a versé 62 millions de livres sterling de compensation. Aucun autre traité sur l’eau n’a offert autant à l’aval. Le différend actuel porte sur les projets hydroélectriques. L’Inde a le droit de construire sur les rivières occidentales. Le Pakistan s’oppose à chaque projet, même sans stockage. Uri II n’a aucune capacité de retenue, mais a été contesté. Lower Kalnai a une différence minime entre les calculs. Ces objections semblent plus techniques que fondées.

Le Pakistan a contesté les projets Kishanganga et Ratle. Il a demandé une Cour d’arbitrage à la Banque mondiale. Cela contourne le mécanisme de l’Expert neutre prévu par le traité. L’Inde insiste sur le respect de l’article IX, qui exige d’épuiser d’abord les recours internes. Le recours unilatéral à l’arbitrage constitue une violation. En janvier 2023, l’Inde a demandé une modification du traité. Elle a invoqué l’article XII(3) en raison de l’obstruction pakistanaise. Ce n’est pas une abrogation unilatérale, mais un droit légal. Le traité doit s’adapter aux évolutions techniques et aux besoins de développement. Les comparaisons avec l’Égypte-Éthiopie ou la Syrie-Irak sont inappropriées. Ces pays n’ont pas de traité contraignant. Le Pakistan bénéficie d’un accord détaillé, mais l’utilise comme instrument politique. Le traité a perduré grâce à la générosité indienne. Les préoccupations indiennes reflètent des circonstances changées.

Précédent

Mahmoud Ali Yusuf à Bamako : enjeux de sécurité et de dialogue

Suivant

Burkina Faso minister urges African Union reforms and financial autonomy