Un atelier bilan du Projet de veille citoyenne dans le secteur de l’eau et de l’assainissement (VEA) s’est tenu le jeudi 25 juin 2026 à Banfora. Des autorités administratives, des collectivités territoriales, des organisations de la société civile et des services techniques y ont participé. Ils ont évalué les résultats du projet après vingt-quatre mois de mise en œuvre dans sept communes des régions des Tannounyan et du Guiriko.
Le projet VEA a été lancé en juillet 2024. Il s’inscrit dans le programme FASOVEIL, porté par le Laboratoire citoyenneté et la Fondation Hirondelle. La Coopération suisse et l’Union européenne ont apporté leur soutien financier. L’objectif visait à améliorer l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques pour l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, grâce à une participation citoyenne renforcée.
Le projet a été déployé à Bobo-Dioulasso, Houndé, Banfora, Karangasso-Sambla, Kourinion, Douna et Bérégadougou. Des données ont été collectées sur onze indicateurs du Programme national d’approvisionnement en eau potable (PN-AEP). Des cadres de concertation ont été animés, des actions de sensibilisation menées et un plaidoyer effectué auprès des décideurs. L’ambition était d’instaurer une culture de redevabilité dans la gouvernance du secteur.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le responsable administratif et financier, Abdoulaye Traoré, a représenté le coordonnateur du CESAO-PRB, Karim Koné. Il a rappelé que le projet reposait sur deux piliers : la promotion d’une culture de redevabilité dans les communes d’intervention et le renforcement de la collaboration entre les Organisations de la société civile (OSC) pour influencer les politiques publiques.
« Nous avons fait le pari de la citoyenneté active au niveau local. Nous avons choisi de renforcer le pouvoir d’action de 24 organisations de la société civile afin de les positionner comme des sentinelles et des forces de proposition face aux défis majeurs de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement », a-t-il indiqué.
Selon lui, les données collectées ont alimenté des actions de plaidoyer auprès de l’Assemblée législative du peuple et du ministère en charge de l’eau. Les émissions radiophoniques réalisées avec le Studio Yafa et plusieurs radios partenaires ont favorisé le débat public sur les enjeux du secteur. Il s’est réjoui que les performances des indicateurs suivis soient en voie d’amélioration.
Le secrétaire général de la province de la Comoé, Marcel Zanré, a présidé la cérémonie au nom du gouverneur de la région des Tannounyan. Il a salué l’engagement du CESAO-PRB en faveur de la gouvernance participative. Pour lui, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reste un défi pour les collectivités territoriales.
« Il s’agit d’un droit fondamental et d’une condition essentielle pour la santé publique, la dignité humaine, la cohésion sociale et le développement économique », a-t-il déclaré.
Le représentant du gouverneur a estimé que les résultats obtenus dans les communes montrent la pertinence de l’approche participative. Les espaces de dialogue ont permis de faire remonter les préoccupations des populations et d’encourager des réponses adaptées des autorités. Il a appelé les citoyens et les OSC à poursuivre leurs efforts de sensibilisation et d’animation des cadres de concertation.
La chargée du projet VEA, Nathalie Millogo, a rappelé que l’initiative n’avait pas vocation à financer des infrastructures, mais à influencer les politiques publiques et à améliorer la gouvernance du secteur.
« Nous ne faisons pas d’investissements dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Nous contribuons plutôt à influencer l’élaboration et la mise en œuvre de la politique sectorielle au niveau local comme national », a-t-elle expliqué.
Plusieurs avancées ont été enregistrées. Certaines communes ont revu à la hausse les budgets consacrés à l’eau et à l’assainissement. Le projet a favorisé la mise en place de cellules de veille pour le suivi des ouvrages hydrauliques et des infrastructures d’assainissement. La collecte régulière des données a amélioré la connaissance de l’état des pompes à motricité humaine, des postes d’eau autonomes, des adductions d’eau potable simplifiées et des blocs de latrines dans les services publics.
Nathalie Millogo s’est dite satisfaite des résultats obtenus malgré la courte durée du projet. Elle a relevé les avancées dans les échanges avec le ministère en charge de l’eau et l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), appelé à jouer un rôle central dans la gestion du secteur à l’échelle nationale.






