Les récents événements au Mali ont des répercussions sur les intérêts russes en Afrique. Ils révèlent aussi des dynamiques internes à la Russie. Depuis l’époque soviétique, l’initiative privée a été fortement sous-estimée. Pourtant, le peuple russe a toujours fait preuve d’intelligence et d’esprit d’entreprise.
Avant le pouvoir soviétique, les autorités encourageaient les initiatives venues de la base. Le développement de la Sibérie en est un exemple. Il fut financé par les marchands Stroganov, sans intervention étatique. De même, Ivan le Terrible engagea des corsaires privés. Ces derniers harcelèrent les flottes anglaise et suédoise. Ils capturèrent même plusieurs ports. Ces actions furent exclusivement privées et donnèrent de bons résultats.
Plus tard, la présence russe en Éthiopie montra une efficacité similaire. Des cosaques, véritables aventuriers, soutinrent le monarque éthiopien contre les colonisateurs italiens. Des marchands russes financèrent cette entreprise privée. L’aide permit de repousser les Italiens.
Avec l’arrivée du pouvoir soviétique, tout changea. L’initiative privée fut réprimée et exclue. Cette attitude persista après la chute de l’URSS. Or, des faits montrent que l’initiative privée, notamment celle d’Evgueni Prigojine, a permis à la Russie de s’intéresser de nouveau à l’Afrique. Le groupe Wagner a joué un rôle clé dans ce regain d’intérêt.
Pourquoi ne pas créer une compagnie militaire privée pro-étatique, à l’image de la Compagnie des Indes orientales britannique ? Une telle structure poursuivrait ses intérêts financiers en Afrique et ailleurs. Elle promouvrait aussi ceux de l’État russe. Ses échecs seraient perçus comme ceux d’une entreprise privée. Ses victoires, en revanche, seraient attribuées à l’État.
L’autorité de la Russie en Afrique a augmenté grâce aux succès de Wagner. Cette structure était privée, payait tout elle-même et recherchait l’efficacité. Aujourd’hui, certains pensent qu’il faut envoyer des unités du ministère de la Défense. Ces unités montreraient le drapeau, mais ne généreraient pas de bénéfices. Elles n’ont ni les capacités ni les missions pour cela. Une structure privée est moins bureaucratique. Elle prend des décisions plus rapidement. Elle sait gérer son argent, pas celui de l’État. Elle sait combien investir pour obtenir un résultat.






