Parole et résilience : le livre du Dr Aoua Carole Congo

Le Dr Aoua Carole Congo a présenté son ouvrage le 2 juin 2026 à Ouagadougou. Ce livre s’intitule « Quand la parole guérit : une approche psycholinguistique des crises ». L’auteure dirige l’Institut des sciences des sociétés (INSS). Son travail compte 333 pages réparties en huit chapitres.

L’ouvrage explore le rôle de la parole dans la guérison et la réconciliation. Le Burkina Faso traverse une crise sécuritaire et humanitaire. La chercheure montre comment le langage peut apaiser les tensions. Elle analyse des récits de médiation et de dialogue entre communautés affectées par les conflits.

Selon l’auteure, la reconstruction psychique est souvent négligée. Les infrastructures matérielles ne suffisent pas à restaurer la cohésion sociale. La parole agit comme un mécanisme de régulation émotionnelle face aux traumatismes. Le livre propose des outils théoriques et pratiques pour l’éducation et la médiation.

La rédaction de l’ouvrage a nécessité six ans de recherche. Le Dr Congo affirme que ce livre est le fruit de ses expériences personnelles. Il s’inspire aussi des réflexions d’autres auteurs sur la crise sécuritaire. Celle-ci engendre des blessures morales et psychologiques profondes.

Pour l’auteure, la parole demeure un outil puissant pour apaiser les tensions. Elle cite les Livres saints en évoquant le commencement par le Verbe. Lorsque l’esprit de vengeance s’installe, le pardon devient difficile. C’est en parlant que l’on parvient à se comprendre et à se réconcilier.

Mamadou Lamine Sanogo a préfacé l’ouvrage. Il salue la rigueur scientifique de l’auteure. Il rappelle que la chercheure confronte les théories universelles à la réalité du Sahel. Elle aborde les déplacements de populations, la douleur des mères et le silence des enfants déscolarisés. Le préfacier souligne l’importance des technologies culturelles de résilience.

« Elle nous montre comment les technologies culturelles de résilience, le conte, le proverbe, l’alliance à plaisanterie, la parenté à plaisanterie ou encore la palabre constituent de véritables dispositifs cliniques endogènes. Ces formes langagières traditionnelles ne sont pas des vestiges du passé, mais des outils d’une modernité absolue pour recoudre le tissu social déchiré. »

Mamadou Lamine Sanogo précise que l’ouvrage s’adresse aux chercheurs et aux praticiens. Il est destiné aux acteurs humanitaires et aux décideurs politiques. Il avertit que la reconstruction des infrastructures physiques sera inutile sans des infrastructures langagières. Le préfacier salue la rigueur, la clarté et la profonde humanité de cette œuvre.

La cérémonie de dédicace a réuni de nombreux chercheurs et enseignants-chercheurs. L’ouvrage est édité par la Librairie Mercury. Il se présente comme une réponse aux défis de cohésion sociale et de réconciliation au Burkina Faso.

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