La quatre-vingt-et-unième session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est achevée dans la morosité. Pourtant, de Washington au Sahel, les fondements de la paix mondiale vacillent. Faut-il abandonner le système international bâti en mille neuf cent quarant-cinq ? Non, il convient de le transformer profondément et d’y intégrer la voix de l’Afrique.
Depuis la fin de la guerre, la démocratie et les règles juridiques subissent des assauts répétés. Les critiques formulées contre l’institution onusienne reposent sur des faits réels. L’organisation reflète trop souvent la vision des pays occidentaux qui financent son budget. Cinq membres permanents détiennent le droit de veto au Conseil de sécurité.
Pourtant, le système actuel appelle une réforme plutôt qu’un rejet total. L’Afrique représente le premier bloc régional au sein de l’Assemblée générale avec cinquante-quatre États membres. Cette année, le Ghana a porté un texte adopté le vingt-cinq mars pour qualifier la traite transatlantique de crime contre l’humanité. Cette résolution a recueilli cent vingt-trois voix favorables.
Le Togo a également obtenu l’adoption d’un texte le quatre septembre concernant la représentation cartographique du continent africain. Dans le même temps, la région sahélienne subit des violences terroristes persistantes depuis dix ans. Le HCR recense environ quatre millions de personnes déplacées au Sahel central.
Les délégations du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont dénoncé l’utilisation du terrorisme comme instrument géopolitique. Elles demandent des enquêtes internationales sur les réseaux financiers qui soutiennent les groupes armés. Cette exigence juridique s’appuie sur la convention de mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf et la résolution treize soixante-treize.
Les images de migrants expulsés rappellent des heures sombres de l’histoire humaine. Elles violent les principes fondamentaux de la Déclaration universelle des droits de l’homme. La charte de Kouroukan Fouga proclamait déjà le respect de la dignité humaine en douze cent trente-six. Face aux crises actuelles, la justice internationale doit impérativement retrouver des valeurs communes.



