La présidence nigériane a dévoilé une proposition pour une monnaie unique en Afrique de l’Ouest. Cette première phase concernerait six pays membres de la CEDEAO. Le Liberia, le Nigeria, le Ghana, la Sierra Leone, la Guinée et la Gambie sont concernés. Ces États n’utilisent pas le franc CFA. Leur participation reste conditionnée au respect de critères de convergence précis.
Cette proposition exclut les huit pays de l’UEMOA. Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo ne sont pas inclus. Ces nations utilisent encore le franc CFA. Cette monnaie est indexée sur l’euro. Elle est garantie par le Trésor français.
Cette division n’est pas récente. Le Nigeria s’oppose à un ancrage à l’euro depuis 2020. Il a posé des conditions non négociables pour adhérer à une monnaie commune. Le pays exige un contrôle total de la CEDEAO sur la gestion monétaire. L’émission de la monnaie doit se faire en Afrique, et non en France.
Le bloc francophone conserve cet ancrage pour une raison précise. Il permet de contenir l’inflation. Actuellement, l’inflation dans ces pays est de 2 à 3 pour cent. La moyenne régionale est proche de 15 pour cent. Le Nigeria et le Ghana perçoivent cette stabilité comme une contrainte. Ils estiment que leur avenir monétaire dépend de décisions prises à Paris et à Francfort. Ils ne veulent pas dépendre d’Abuja ou d’Accra.
Les gouverneurs des banques centrales des douze membres de la CEDEAO se sont réunis à Monrovia. Ils ont réaffirmé l’objectif de 2027 pour une monnaie commune. Une question se pose désormais. Cet objectif concerne-t-il seulement huit de ces douze pays?
Si le Nigeria lance sa propre version de l’Eco sans le bloc CFA, une interrogation surgit. S’agit-il du moment où l’Afrique de l’Ouest accède à l’indépendance monétaire? Ou est-ce le moment où la CEDEAO se scinde discrètement en deux?






