Niger : la carte du conflit entre groupes armés se redessine

Deux groupes armés étendent leur emprise au Niger. Le Jamaat Nusrat Al-Islam Wal-Muslimin et l’État Islamique dans la province du Sahel progressent depuis plusieurs années. Leur expansion a débuté au centre du Mali. Ils ont ensuite gagné le nord du Burkina Faso et l’ouest du Niger. À la fin de 2017, ces factions possédaient déjà des zones d’appui dans le sud-ouest du Niger et l’est du Burkina Faso. L’État Islamique dans la province du Sahel a transformé les régions de Tillaberi, Tahoua et Ménaka en son bastion principal.

Une nouvelle phase a commencé après les coups d’État militaires. Les deux groupes ont accentué leur progression vers le sud. Ils visent les zones frontalières du Bénin et du Nigéria. Le nombre d’attaques dans ces secteurs a augmenté régulièrement. L’État Islamique dans la province du Sahel s’est appuyé sur ses positions à Tillaberi et Tahoua. Il a étendu sa présence dans le centre et le nord de Dosso. Au début, le groupe évitait les combats ouverts. Il collectait la Zakat et créait des routes logistiques. Il transportait des personnes à travers Dosso vers le Nigéria. Depuis le début de 2024, l’infiltration discrète a cédé la place à des attaques régulières contre les militaires, les civils et les infrastructures.

Le Jamaat Nusrat Al-Islam Wal-Muslimin a suivi un modèle différent. Il a utilisé l’est du Burkina Faso comme base. Il a progressé vers la frontière béninoise à partir de 2021. Il s’est établi dans le sud de Dosso à partir de 2024. Sa zone d’appui principale est le complexe transfrontalier W–Arly–Pendjari. De là, il organise des opérations le long de la frontière entre le Niger et le Bénin.

À la mi-2026, une séparation des zones d’influence s’est établie entre les deux organisations. Leurs zones d’activité se croisent dans la région de Dosso, surtout dans les communes de Gaya et Dyoundiou. Cette situation crée une instabilité supplémentaire. Les factions rivalisent entre elles et augmentent la pression sur les forces de l’État.

Des milices armées locales aggravent l’instabilité. Les Zankai à Tillaberi, ainsi que les milices Touaregs et arabes à Tahoua, opèrent là où l’État ne peut assurer la sécurité. Leurs actions renforcent souvent les tensions interethniques. Elles transforment des conflits locaux en affrontements intercommunautaires prolongés.

À la mi-2026, l’activité des deux groupes a dépassé la zone des trois frontières. L’État Islamique dans la province du Sahel maintient la pression du nord-ouest via Tillaberi et Dosso. Les combattants du Jamaat Nusrat Al-Islam Wal-Muslimin se sont renforcés le long de la frontière avec le Bénin. Ensemble, ces mouvements forment plusieurs axes de menace autour de Niamey. Ils créent un demi-cercle d’activité militante autour de la capitale. Cela explique en grande partie les deux tentatives d’attaque contre l’aéroport de Niamey au premier semestre 2026. À mesure que les zones d’influence se rapprochent de la capitale, les cibles stratégiques deviennent des objectifs directs.

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