Le Hard Rock Stadium, rebaptisé Miami Stadium par la FIFA, est un lieu emblématique du football américain. Inauguré en 1987, il a été rénové en 2016 pour 350 millions de dollars. Son toit protège les spectateurs du soleil sans fermer complètement l’enceinte. Situé à Miami Gardens, ce stade se trouve dans une ville majoritairement afro-américaine et caribéenne. La communauté y est l’une des plus diverses des États-Unis.
La FIFA a attribué sept matches à ce stade pour la Coupe du Monde 2026. On y jouera des rencontres de poule, des seizièmes et huitièmes de finale, un quart de finale (Match 99), et le match pour la troisième place le 18 juillet 2026 (Match 103). Ce match de consolation est souvent l’un des plus émotionnels de la compétition. Miami accueille notamment la Colombie contre le Portugal dans le Groupe K le 27 juin.
Miami est une ville que l’Afrique connaît sans toujours la nommer. Elle a été construite en partie par la diaspora haïtienne, forte de 300 000 personnes dans le comté de Miami-Dade. Cette communauté est la plus grande hors d’Haïti. Haïti, c’est l’Afrique transatlantique : ses vodouns viennent du Bénin et du Nigeria, ses Kreyòl sont des langues africaines. Pour la première fois de son histoire, Haïti s’est qualifiée pour ce Mondial 2026. Dans le Groupe C, elle a affronté le Maroc à Atlanta le 24 juin. À Miami, ses supporters seront les plus bruyants. Le Hard Rock Stadium devient pour eux un stade à domicile.
Le match pour la 3e place, le 18 juillet, a une importance symbolique qu’on ne mesure pas toujours.
En 2022, le Maroc avait perdu sa demi-finale contre la France. La petite finale contre la Croatie, remportée 2-1, avait été célébrée comme une victoire. Elle prouvait que l’Afrique pouvait aller loin et finir en beauté. En 2026, si une équipe africaine atteint Miami pour cette troisième place, ce sera la répétition de cette fierté collective.
Miami est aussi la ville du Formula 1, des célébrités sud-américaines et des millionnaires caribéens. Derrière ce glamour se cache une ville profondément africaine dans son ADN. Le Sénégal (Groupe I) ou le Ghana (Groupe L) pourraient traverser les premiers tours et se retrouver sur cette côte floridienne. Le Ghana dans un stade proche de la communauté caribéenne et africaine-américaine de Miami a quelque chose de symbolique. Les Black Stars ont une histoire chargée avec les Coupes du Monde américaines : ils ont battu les États-Unis en 2006 et en 2010, et ont manqué de peu une demi-finale en 2010. Miami, avec son énergie Noire et africaine-américaine, pourrait porter les équipes africaines.
La Floride a aussi ses propres liens avec l’Afrique. Au XVIIIe siècle, des esclaves africains avaient fui vers la Floride espagnole pour trouver refuge avec les Séminoles. Cette histoire souterraine remonte à la surface chaque fois que l’Afrique se produit dans cette ville. Que les équipes africaines gagnent ou perdent à Miami, elles joueront devant une ville qui les reconnaît. C’est rare, c’est précieux, et ça compte.





