Dr Cyriaque Paré, fondateur du média Lefaso.net, a échangé avec des étudiants de l’ISTIC. Il a co-animé un panel avec Félix Kambiré. Le thème portait sur les compétences nécessaires dans un secteur en pleine transformation. Selon lui, les métiers de l’information et de la communication ne disparaissent pas. Ils se modifient profondément.
Un étudiant à Ouagadougou peut aujourd’hui gérer la communication d’une entreprise à Abidjan. Il peut aussi produire un podcast suivi à Dakar. Le travail à distance pour une organisation à Nairobi ou Montréal est devenu courant. L’intelligence artificielle, les plateformes numériques et la mondialisation changent les pratiques. La question centrale n’est plus le choix du métier. Elle porte sur les compétences à acquérir pour rester pertinent.
Dr Paré a identifié quatre mutations principales. La première concerne l’instantanéité de l’information. Avec les smartphones et les réseaux sociaux, l’information circule en temps réel. Le journaliste doit vérifier, contextualiser et expliquer les faits. La deuxième mutation est l’intégration de l’IA dans les métiers. L’IA rédige des textes, produit des images et analyse des données. Cependant, elle ne remplace ni le jugement, ni l’éthique, ni la créativité humaine.
La troisième mutation est la disparition des frontières géographiques. Les opportunités professionnelles deviennent mondiales. La concurrence aussi. Il faut s’y préparer. La quatrième mutation est l’hybridation des métiers. Les profils polyvalents sont les plus recherchés. Un journaliste ne peut plus se limiter au journalisme. Il doit maîtriser les données, la vidéo, l’IA et les réseaux sociaux.
Pour rester compétitif, Dr Paré recommande des compétences techniques solides. Un communicant doit maîtriser la rédaction, le storytelling, la stratégie de communication, les outils numériques et la création de contenus multimédia. Un journaliste doit connaître les techniques d’enquête, la vérification des faits, le montage audio et vidéo, et la narration numérique.
Les compétences numériques et l’IA sont essentielles. Il ne faut pas craindre l’IA. Il faut apprendre à travailler avec elle. Les compétences utiles incluent le prompt engineering, l’utilisation des IA génératives, la création d’outils sur mesure, l’analyse de données et les outils collaboratifs. Les compétences humaines restent importantes. La communication interpersonnelle, la créativité, l’esprit critique, le leadership, le travail d’équipe et l’intelligence émotionnelle sont des atouts. Les machines produisent du contenu, mais ne remplacent pas l’empathie humaine.
L’éthique est une compétence professionnelle fondamentale. Elle distingue les professionnels des amateurs. L’apprentissage continu est aussi essentiel. Ce qui est appris aujourd’hui changera demain. Les meilleurs professionnels lisent régulièrement, suivent des formations, expérimentent et apprennent en continu. Dr Paré a donné des conseils aux étudiants. Il leur a recommandé de développer une présence numérique, de construire un portfolio de leurs travaux, de faire des stages et de construire un réseau, tout en restant dignes.
« L’avenir n’appartient ni aux machines, ni uniquement aux experts techniques. Il appartiendra aux femmes et aux hommes capables d’apprendre, de s’adapter, de créer, de collaborer et de rester profondément humains. »






