Maroc-France : le quart de finale qui engage toute l’Afrique

Maroc-France : le quart de finale qui engage toute l’Afrique

Le Maroc affronte la France ce soir au Gillette Stadium. Ce quart de finale de la Coupe du Monde 2026 est un moment rare pour le football africain. Les Lions de l’Atlas sont la dernière équipe du continent encore en lice. Ils ont déjà battu des adversaires solides. Leur parcours commence le 16 juin à Toronto. Le match contre le Brésil se termine sur un score de 1-1. Personne ne prévoyait ce résultat. Les Auriverde, cinq fois champions du monde, sont tenus en échec. La défense marocaine est compacte et disciplinée. Les transitions sont rapides et précises.

Le 20 juin, le Maroc affronte Haïti. Les Lions gagnent 4-2. Ayoub El Kaabi marque deux fois. L’équipe montre une maîtrise collective rassurante. Le 24 juin, l’Écosse est battue 1-0. Bilal El Khannouss inscrit le but. C’est le deuxième match sans encaisser de but. Le Maroc termine deuxième du Groupe C avec sept points, derrière le Brésil. Son statut change. On ne parle plus de l’outsider de 2022. On parle d’une équipe qui confirme sa force.

Le 29 juin, à Kansas City, les Pays-Bas sont les adversaires. Le match se termine sur un score de 1-1 après prolongation. La séance de tirs au but donne la victoire au Maroc, 3-2. Yassine Bounou, comme à Doha, réalise un arrêt décisif. Ses gants sont surnommés les gants d’acier. Le 3 juillet, à Cincinnati, le Canada est battu 3-0. El Khannouss marque sur penalty à la 45e minute. El Kaabi reprend un ballon à la 47e. Saïd Saibari marque à la 58e. Mais Saibari se blesse à la cheville. Le diagnostic est une entorse de grade 2. Il sera absent quatre à six semaines. Le meilleur buteur marocain du tournoi regardera le match contre la France depuis les tribunes.

La France arrive avec Kylian Mbappé, sept buts en cinq matchs. L’équipe bleue est invaincue. Le Maroc est privé de Saibari mais conserve son âme. Il est la seule équipe africaine encore en compétition dans ce tournoi à 48 nations. En 2022, au Qatar, la France avait battu le Maroc 2-0 en demi-finale. Théo Hernandez avait ouvert le score à la 5e minute. Randal Kolo Muani avait marqué à la 79e. Le Maroc avait pourtant réalisé un exploit historique : première demi-finale africaine, après avoir éliminé la Belgique, l’Espagne et le Portugal.

Ce soir, le football africain joue une confirmation. La question n’est plus de savoir si le Maroc peut créer l’exploit. Elle est de savoir si 2022 n’était pas un accident. Walid Regragui, sélectionneur depuis août 2022, a construit une équipe stable. Il répète que son équipe n’est pas venue en touriste. En 2026, ce mantra est devenu une réalité. Sept points en groupe, trois buts encaissés en cinq matchs, un but marqué dans chaque rencontre. Ce n’est plus de la résilience romantique. C’est de la constance. Et la constance est le mur le plus difficile à franchir pour le football africain.

Dix sélections africaines étaient qualifiées. Un record historique, dû au nouveau format à 48 équipes et à l’explosion des talents. Mais au soir du 7 juillet, il n’en restait qu’une. L’Égypte de Mohamed Salah a été éliminée en huitièmes par l’Espagne. Le Sénégal, quart-de-finaliste en 2002 et 2022, est sorti dès les poules. L’Algérie, le Ghana, la Tunisie, la Côte d’Ivoire sont tous rentrés. Le Cameroun et le Nigeria n’étaient même pas qualifiés. Le format à 48 places offre plus de sièges à la table. Mais il ne garantit rien. Ce quart de finale raconte à la fois le progrès et le chemin qui reste. Le Maroc a une fédération stable, un staff technique en continuité, un projet de formation qui irrigue l’élite. Regragui est en poste depuis quatre ans. Pendant ce temps, combien de sélections africaines ont changé de sélectionneur ?

Ce soir, à Foxborough, le Maroc n’est pas seul. Il est le point d’orgue d’une Afrique du football qui a changé de braquet. Des académies privées de Casablanca aux centres de formation de Dakar, des binationaux qui choisissent le continent aux infrastructures professionnelles qui sortent de terre. Le match contre la France est la revanche de Doha. Mais c’est aussi le marqueur d’une époque où l’Afrique ne demande plus la permission d’exister sur le terrain. Elle vient prendre sa place.

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