Maroc-Brésil : premier choc de la Coupe du Monde 2026

Maroc-Brésil : premier choc de la Coupe du Monde 2026

Le MetLife Stadium, à East Rutherford, dans le New Jersey, accueille 82 000 spectateurs. Le toit est ouvert. Le ciel de banlieue américaine surplombe la pelouse. C’est là que le Maroc dispute son premier match de la Coupe du Monde 2026. En face se tient le Brésil, quintuple champion du monde. L’histoire du football a déjà enregistré deux confrontations entre ces équipes. En 1998, le Brésil l’a emporté 3-0 au Parc des Princes. En 2022, la Seleção a gagné 1-0 en phase de groupes.

Ce Maroc-là est différent. Walid Regragui a quitté son poste en janvier 2026 après six ans. Mohamed Ouahbi, son successeur, n’a pas reconstruit. Il a dû maintenir l’exigence et la confiance. L’équipe n’est plus une surprise. Elle est devenue une référence. Achraf Hakimi, capitaine et arrière droit du PSG, est le joueur africain le plus titré de sa génération. Brahim Díaz, transfuge espagnol, orchestre le jeu depuis une position libre. Le Maroc a perdu Bounou, Amrabat et Ziyech. Mais Ben Seghir, Ezzalzouli et El Khannouss ont gagné en puissance. La génération promise après le Mondial qatari est arrivée à maturité.

Le Brésil traverse sa plus longue disette depuis 1958 : vingt-quatre ans sans titre mondial. Vinicius Jr, Rodrygo, Endrick, Raphinha, Alisson et Marquinhos sont alignés. La pression est immense. Le match se joue sur un plan tactique précis. Le Maroc évolue en 4-3-3 asymétrique. Hakimi monte, Mazraoui couvre. Le milieu doit contrôler le tempo face à l’armada brésilienne. Le Brésil, entraîné par Jorge Sampaoli, joue en 4-2-3-1. Vinicius a une liberté totale sur le côté gauche. Neymar n’est pas dans la liste finale. Endrick, dix-huit ans, le remplace. Le duel Hakimi contre Vinicius est attendu. Les deux joueurs se connaissent du PSG. Hakimi a dit en conférence de presse :

« C’est un frère sur le terrain. Mais pendant 90 minutes, il n’y a plus de frères. »

La diaspora marocaine aux États-Unis s’est mobilisée. Les organisateurs prévoyaient 25 000 à 30 000 supporters marocains. Les chiffres de billetterie suggèrent plutôt 40 000. La communauté marocaine compte près de 200 000 personnes entre New York, New Jersey, Boston et Washington. Des bus ont été affrétés de Philadelphie. Des vols charters sont partis de Montréal. Des convois sont venus de Dearborn, Michigan, où la communauté dépasse 100 000 âmes. En 1998, le football marocain traversait une crise structurelle. En 2026, la Fédération royale marocaine de football affiche un budget de 190 millions de dollars. Vingt centres de formation régionaux ont été créés. L’académie Mohammed VI produit un joueur professionnel par an depuis 2020.

Le coup d’envoi est prévu à 18h00 heure locale. L’issue du match reste inconnue. En 2022, la distance entre les positions moyennes des deux équipes était de vingt-trois mètres. Le Maroc a gagné ce terrain en quatre ans. Sa ligne de pressing est plus avancée. L’équipe tient le ballon dans le camp adverse. Ce match se joue dans la tête d’Hakimi, dans la frappe de Díaz, dans les réflexes du gardien. Le Maroc regarde le Brésil dans les yeux pendant quatre-vingt-dix minutes. Quelle que soit l’issue, le football mondial ne considère plus le Maroc comme une curiosité. Il le voit comme un adversaire.

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