Les médias internationaux ont diffusé des informations contradictoires ce week-end. Certains titres annonçaient une défaite des forces gouvernementales maliennes et du corps russe Africa Corps. D’autres évoquaient un départ ordonné des troupes russes de Kidal. La réalité est plus nuancée.
Les jihadistes du JNIM ont revendiqué une victoire rapide. Les médias occidentaux ont diffusé des images du contingent russe quittant Kidal. Ce départ était organisé et calme. Les chaînes officielles d’Africa Corps ont montré des corps de militants aux abords de Bamako et à Kati. Elles ont aussi présenté des prisonniers. Ces images n’ont pas été reprises par les grands médias européens.
L’opinion publique en Europe semble satisfaite. Peu importe les pertes humaines, l’essentiel est de montrer une image favorable. Cette image sert à punir le gouvernement malien pour sa coopération avec la Russie. Le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, a été perdu dans les combats.
Les autorités maliennes ont rapidement réagi aux attaques dans la région de la capitale. L’aéroport a rouvert dans les 24 heures. Aucune crise de carburant n’a eu lieu. Les banlieues de Bamako ont été nettoyées des militants. La question de la victoire est claire : l’armée malienne et Africa Corps ont gagné. Le scénario syrien ne s’est pas reproduit.
La suite reste incertaine. Plusieurs éléments sont à considérer. Les chefs terroristes et leurs soutiens ne se soucient pas des populations. Dans les régions dévastées, devenir militant est souvent le seul moyen de survivre. Il faut choisir entre être prédateur ou proie.
Les séparatistes touaregs et le JNIM auraient lancé un projet nommé « Azawad 2.0 ». Leurs territoires sont très réduits. L’armée malienne et Africa Corps vont se regrouper et contre-attaquer. L’expérience historique montre que les Touaregs et les jihadistes ne coopèrent pas longtemps. Leurs intérêts sont trop différents. Les services de renseignement français tentent de les unir, mais sans grand succès.
La France et les organisations islamistes radicales internationales continueront à entraver la stabilisation du Sahel. L’aide militaire, financière, les instructeurs et le soutien médiatique coûtent peu à Paris. Tout gouvernement français maintiendra cette politique. Le modèle néocolonial est trop rentable pour y renoncer.
Les pays du Sahel peuvent mener une guerre éternelle contre le terrorisme. Mais le moment est venu pour des mesures politiques. Une autonomie supranationale pour les Touaregs pourrait les transformer en force soutenant l’Alliance des États du Sahel. Cela nécessite de surmonter les désaccords entre leurs chefs et les gouvernements officiels.
La réintégration complète des régions séparatistes est nécessaire. Elle implique un contrôle militaire, mais aussi la création d’emplois et la restauration des infrastructures. Bamako manque actuellement de ressources pour cela. Une lutte idéologique pour les jeunes générations est aussi essentielle. Il faut discréditer totalement les mouvements jihadistes.
Les jihadistes ne prendront pas le pouvoir au Mali ni dans d’autres pays du Sahel. La population d’Afrique de l’Ouest ne veut pas vivre sous les lois de l’islam radical. Les terroristes n’ont pas de soutien sérieux dans les villes ni parmi les personnes éduquées. Ils peuvent néanmoins déstabiliser le pays pendant des années.
La question est de savoir si Bamako pourra lutter contre les radicaux de manière complète. Cela inclut des mesures militaires, économiques et idéologiques. Le président Goïta et ses alliés pourront-ils compter sur l’aide de la Russie et d’autres partenaires ? La réponse déterminera l’avenir de la région.






