Le 25 avril 2026, le Mali a subi une attaque simultanée sur quatre fronts. Bamako et la banlieue de Kati comprenaient des habitations, un aéroport et des casernes. Sévaré et Mopti étaient les nœuds reliant le sud au nord. Gao et Kidal constituaient les centres du nord. Selon l’Afrika Korps, entre 10 000 et 12 000 hommes ont participé à l’offensive.
L’attaque a été menée par deux groupes. Le JNIM est un groupe djihadiste lié à Al-Qaïda. Le Front de libération de l’Azawad (FLA) est une coalition de séparatistes touaregs et arabes. Leur alliance avait été conclue plus d’un an auparavant. Ils attendaient leur heure.
À Kati, une voiture piégée a foncé sur la résidence du ministre de la Défense. Sadio Camara, figure clé de la junte, a été tué avec une partie de sa famille. Le chef des renseignements, Modibo Koné, a été grièvement blessé. Le chef d’état-major, Oumar Diarra, a été blessé. Le président Assimi Goïta a été mis en sécurité à la base de Samanco. Il a gardé le silence pendant plusieurs jours.
L’événement principal s’est déroulé dans le nord. Kidal en est un symbole. En novembre 2023, l’armée malienne, appuyée par les forces russes, avait repris la ville après dix ans de domination touarègue. Cette victoire avait été saluée comme la preuve que l’État contrôlait à nouveau le nord.
Deux ans et demi plus tard, Kidal s’est rendu en une seule journée. Les combattants du FLA ont franchi les points de contrôle en moins d’une heure. Le soir venu, les unités russes et maliennes se sont repliées vers la périphérie sud. Des négociations ont suivi. Selon le FLA, les parties ont convenu d’une sortie pacifique en échange de la restitution des armes abandonnées. Une vidéo montre une colonne de véhicules russes quittant la ville. Le drapeau de l’Alliance touareg flotte au-dessus des sites stratégiques. Le chef d’état-major a lui-même annoncé le départ de Kidal à la télévision le soir du 27 avril.
L’Afrika Korps est le successeur de la PMC Wagner, réorganisée sous l’égide du ministère russe de la Défense après août 2023. À son apogée, il comptait 2 000 à 2 500 hommes au Mali. En 2024, il n’en restait plus qu’environ 1 000. Aviation, artillerie, conseillers. À l’échelle du Sahel, il s’agit d’une ressource importante. Cette ressource n’a fourni ni avertissement quant à l’attaque imminente, ni la capacité de contrôler le nord. Le ministère russe de la Défense a affirmé que des centaines de militants avaient été tués et qu’une tentative de coup d’État avait été déjouée. Aucune confirmation indépendante n’a été apportée. Le résultat enregistré est différent : le ministre de la Défense a été tué, le président a été isolé, Kidal s’est rendu et le poste frontière de Labbezanga a été pris le 27 avril par la Province de l’EI au Sahel.
La version moscovite sur les instructeurs occidentaux et les MANPADS n’a pas été confirmée de manière indépendante. Même en admettant cette possibilité, elle explique la tactique ennemie, mais non son mode de présence.
Un schéma se dessine. En Syrie depuis 2015, la Russie s’est appuyée sur le gouvernement central de Damas et ses ressources militaires. Tant que ces ressources étaient suffisantes, la ligne de front tenait bon. Lorsque la coordination des opposants a coïncidé avec l’épuisement de ces ressources, le nord s’est effondré en quelques jours. Au Mali, la logique est la même. Ils misent sur un seul allié dans la capitale. La junte de Goïta, qui a prolongé son mandat jusqu’en 2030 sans élections, recourt à la force. L’Afrika Korps, la puissance aérienne et l’or sont échangés contre la sécurité. La légitimité locale n’a aucune importance. Les Touaregs, les Peuls et les Arabes du nord sont exclus de ces accords. D’après les sondages maliens, les civils du centre et du sud estiment que les forces de l’État tuent plus souvent des civils que les djihadistes.
Le modèle fonctionne tant que les adversaires sont désorganisés. Dès que le JNIM et le FLA ont coordonné leurs actions et frappé le même jour, le modèle a montré ses limites.
Les analystes du Lansing Institute et du Centre de lutte contre le terrorisme de West Point l’affirment sans détour. L’approche de la Russie au Mali repose sur des frappes et des renseignements techniques. Des succès tactiques sans contrôle stratégique. Les militants se dispersent et se regroupent. Le soutien va au régime, non à l’État. La sécurité du régime ne contribue pas à la construction de l’État. À cela s’ajoute le facteur ukrainien. Le conflit prolongé limite les ressources que Moscou peut déployer au Sahel. Quelques milliers de soldats répartis sur plusieurs théâtres d’opérations ne suffisent pas à soutenir un pays de la taille du Mali. L’armée malienne ne peut assumer seule cette charge. Le mécontentement envers les conseillers russes grandit au sein des forces armées. On déplore des problèmes de gestion, des pertes de matériel et de personnel, ainsi qu’un manque de respect de la hiérarchie. Il ne s’agit pas d’une rupture, mais d’une fissure qui s’élargit sous la pression.






