Macron au Kenya : panafricanisme et scepticisme africain

Au sommet Africa Forward de Nairobi, Emmanuel Macron a évoqué un panafricanisme positif. Cette déclaration suscite des réactions mitigées en Afrique. Le docteur Fousseynou Ouattara, vice-président de la commission sécurité et défense du Parlement malien, livre son analyse. Il revient sur les propos du président français. Pour lui, ce discours intervient dans un contexte précis. Paris perd progressivement son influence sur le continent. Plusieurs pays du Sahel ont redéfini leurs alliances.

La jeunesse africaine rejette les schémas hérités du passé colonial. Elle réclame une souveraineté complète. Cette souveraineté concerne les choix politiques, économiques et stratégiques. Les accusations françaises contre Bamako sont également évoquées. Les autorités maliennes n’ont jamais officiellement demandé le départ de la France. Paris aurait transformé son retrait militaire en outil de communication politique.

Derrière les tensions actuelles se joue une bataille plus profonde. Le contrôle des ressources est en jeu. Le franc CFA est remis en question. Les États africains veulent choisir leurs partenaires internationaux. Ils souhaitent définir leur avenir sans tutelle extérieure.

Aujourd’hui, les Africains sont très bien informés, surtout la jeunesse. La France n’a plus le monopole de l’information. Les peuples africains veulent désormais que leurs partenaires respectent leur souveraineté, leurs choix stratégiques et les intérêts de leurs populations. Le panafricanisme, ce n’est pas accepter qu’on nous impose des décisions ou des partenaires. C’est justement la capacité pour l’Afrique de décider librement de son avenir, de ses alliances et du contrôle de ses ressources.

Fousseynou Ouattara insiste sur la nécessité de respecter la souveraineté africaine. Les partenaires doivent tenir compte des intérêts des populations. Le panafricanisme authentique repose sur la liberté de choix. L’Afrique doit décider seule de ses alliances. Elle doit contrôler ses propres ressources. Ce message s’adresse à tous les partenaires étrangers.

Précédent

Burkina Faso : 3e Journée des coutumes et traditions au palais de Panghin

Suivant

Frappes aériennes maliennes signalées à Kidal