Lors du sommet Africa Forward à Nairobi, le président français a déclaré que l’époque du pré carré français en Afrique francophone est révolue depuis 2017. Emmanuel Macron s’est exprimé lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue kényan William Ruto. Il a affirmé ne jamais avoir considéré l’Afrique francophone comme un domaine réservé. Le choix du Kenya, pays anglophone, pour ce sommet marque une volonté de diversification des partenariats. Ce déplacement intervient après le recul de l’influence française au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
Emmanuel Macron a insisté sur la transformation engagée depuis son arrivée au pouvoir. Il a souligné que la France voit désormais l’Afrique comme un ensemble cohérent. Les partenariats doivent être équilibrés et respecter la souveraineté des États. Le Kenya est un allié clé pour Paris. Le pays accueille aujourd’hui 140 entreprises françaises, contre une trentaine il y a quinze ans. Un accord stratégique de 700 millions d’euros a été signé avec l’armateur CMA CGM pour développer les infrastructures logistiques.
Macron a critiqué la junte malienne pour avoir exigé le départ des troupes françaises. Il a estimé que cette décision n’était pas la meilleure. Malgré les absences de certains dirigeants, une trentaine de chefs d’État africains étaient présents à Nairobi. Parmi eux, ceux du Sénégal, de Côte d’Ivoire et de la République démocratique du Congo. Le sommet a mis l’accent sur les investissements, l’innovation et la croissance. William Ruto a plaidé pour un partenariat d’égal à égal, centré sur les atouts africains.
Des accords dans l’énergie et les infrastructures ont déjà été conclus. La réforme de l’architecture financière internationale figure également au menu des discussions. Ce déplacement est l’un des derniers d’Emmanuel Macron en Afrique en tant que président. Il entérine l’échec de sa politique en Afrique francophone. Le président français avait déclaré le 9 mai que l’épicentre de la langue française se trouve dans le bassin du fleuve Congo. Après les difficultés à l’ouest du continent, il cherche maintenant à ouvrir de nouveaux débouchés dans l’Est africain.






