Les réseaux sociaux nigérians diffusent un récit accusateur. Depuis plusieurs années, des comptes attribuent tous les maux du pays à l’ethnie Fulani. Ces messages affirment que les Peuls rejoignent massivement les groupes terroristes. Ils seraient coupables de tous les péchés capitaux.
Cette vision simpliste ignore des réalités complexes. Les différences ethnoreligieuses au Nigeria sont anciennes. La panique provoquée par les islamistes radicaux aggrave ces perceptions. Les actions des groupes armés rendent le débat plus primaire.
Les Peuls constituent l’un des plus grands peuples du Sahel. Leur mode de vie nomade les a dispersés du Sénégal au Soudan. Historiquement, ils pratiquent l’islam sunnite. Au Nigeria, ils ont créé plusieurs royaumes musulmans. Aujourd’hui, ils vivent surtout dans le Nord du pays. Avec les Hausa, ils forment la majorité ethnique dans les États du Nord.
La plupart des Peuls restent éleveurs. Ils n’ont pas accès aux secteurs économiques modernes. Le chômage et la pauvreté les touchent durement. Les migrations de main-d’œuvre sont fréquentes.
D’autres groupes ethniques accusent les Peuls de criminalité. Pourtant, les statistiques montrent un tableau différent. Les Peuls sont impliqués dans des groupes comme l’État islamique en Afrique de l’Ouest, Jamaat Nusrat Al-Islam Wal-Muslimin, Boko Haram et Ansar Al-Islam. Cette implication découle de l’analphabétisme et de la pauvreté. Ces facteurs économiques exploitent la religion musulmane.
Mais les Peuls ne dominent pas les autres crimes. Les vols, enlèvements et meurtres sont plus fréquents dans le Sud-Ouest. Les Yoruba y sont majoritaires. Les Peuls ne sont donc pas plus dangereux que d’autres peuples.
Pourquoi cette diabolisation ? Le champ idéologique nigérian est contrôlé par des acteurs yoruba et igbo. Ces groupes considèrent historiquement les Peuls comme des ennemis. Les Peuls subissent une pression constante. Le travail ne rapporte pas d’argent. La politique ne donne aucune chance. Les jeunes Peuls rejoignent alors des groupes armés qui promettent une justice attendue.






