Sabri Lamouchi a rompu son silence. Il s’est confié sur la fin de son mandat avec la Tunisie. Le technicien a accordé un long entretien.
La sélection tunisienne a connu un échec lors de la Coupe du monde 2026. Elle a terminé quatrième de son groupe. Comme les neuf autres équipes africaines, elle n’a pas atteint les huitièmes de finale. Les Aigles de Carthage ont encaissé douze buts en trois matchs. Lamouchi a été limogé après le premier match. La défaite 5-1 contre la Suède a précipité son départ.
Dans l’interview, Lamouchi a expliqué les difficultés rencontrées. Il a décrit des problèmes logistiques graves. Le lendemain du match contre l’Autriche, l’équipe devait se rendre à Bruxelles. Une grève des contrôleurs aériens a annulé le vol. L’hôtel prévu n’était plus disponible. Le staff a dû trouver un établissement rapidement. Le matériel médical était parti en bus. Les joueurs ne pouvaient pas recevoir de soins. Ils erraient dans les rues de Vienne. L’hôtel était trop petit. Une frustration est montée chez les joueurs. Ils ont demandé à parler au président et au vice-président. Lamouchi n’était pas présent à cette réunion. Il a déclaré :
« Le lendemain du match contre l’Autriche, on devait aller à Bruxelles, mais une grève des contrôleurs aériens a annulé notre vol. On n’avait plus d’hôtel, on a pris le premier disponible. Le matériel médical était parti en bus, les joueurs ne pouvaient plus faire de soins et erraient dans les rues de Vienne parce que l’hôtel était trop petit. Une frustration est alors montée chez les joueurs, qui ont demandé à parler avec le président et le vice-président. Je n’étais pas présent lors de cette réunion, mais très clairement, à ce moment-là, c’est un peu le tournant. »
Lamouchi a ensuite raconté ses dernières heures à la tête de l’équipe. Il s’est couché tard. Il s’est réveillé très tôt. Il a vu vingt-sept appels manqués de sa famille. Une communication avait été publiée puis supprimée. Le staff a frappé à sa porte. Il a compris que la fin approchait. Il est parti à l’entraînement. Des joueurs sont venus le voir. Ils lui ont dit :
« On a commencé ensemble, on finit ensemble. Moi je suis venu pour servir mon pays, apporter mon expérience, mon savoir, faire de mon mieux. Je n’ai pas réussi, il n’y a pas de débat. Mais quel est l’entraîneur qui va réussir en si peu de temps de cette manière-là ? »
Le technicien a exprimé son amertume. On ne lui a pas dit au revoir. Deux heures après le retour à l’hôtel, le président et le vice-président lui ont annoncé son départ. Ils avaient informé les joueurs quinze minutes plus tôt de l’arrivée de son successeur. Ce dernier était déjà dans l’avion. Lamouchi a ressenti une paranoïa. Il s’est demandé s’il aurait pu ne pas disputer la Coupe du monde après le match contre la Belgique. Il n’a pas senti un soutien fort de la fédération.
« J’en veux aux personnes parce qu’on ne m’a pas dit au revoir. On rentre à l’hôtel, deux heures après, le président et le vice-président m’annoncent qu’il faut qu’on arrête. L’histoire se termine, mais ils ont informé les joueurs 15 minutes plus tôt de l’arrivée de mon successeur qui était déjà dans l’avion. Je me dis “putain, ils ont pas perdu de temps, ça va vite”. Après tu commences à avoir une certaine paranoïa en te disant que peut-être après la Belgique, j’aurais pu ne même pas disputer la Coupe du monde. Je n’ai pas senti dès le départ beaucoup de soutien de la part de la fédération. »





