Le Mali a retrouvé son siège au Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Ce retour intervient seize ans après un précédent mandat, de 2006 à 2010. Le pays a été élu pour une période de quatre ans. La presse africaine considère cette élection comme un succès diplomatique.
Le Mali pourra désormais participer à l’examen des candidatures aux listes de l’UNESCO. Il interviendra aussi dans les demandes d’assistance internationale. Le pays contribuera à l’accréditation des organisations non gouvernementales. Il participera également à la gestion du fonds pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Ce mandat revêt une importance particulière pour le Mali. Le pays subit encore les conséquences de la crise de 2012. Cette crise a été provoquée par des insurrections de groupes terroristes et séparatistes. L’instabilité a mis en péril plusieurs pratiques rituelles, musicales et festives. Des traditions artisanales et communautaires sont également menacées.
Le Mali compte neuf éléments inscrits sur les listes du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Parmi eux figurent les pratiques liées au balafon et au kolintang. La sortie des masques et marionnettes de Markala est aussi inscrite. La Charte du Mandén, l’espace culturel du yaaral et du degal, et la réfection septennale du toit du Kamablon sont également reconnus. Les pratiques liées à l’imzad des communautés touarègues et au M’bolon sont aussi listées. Le Sanké mon, rite de pêche collective, complète cette liste.
Trois de ces éléments nécessitent une sauvegarde urgente. En 2023, ils ont bénéficié d’une assistance financière de près de 100 000 dollars de l’UNESCO. Cette situation montre la nécessité d’assurer la transmission du patrimoine immatériel. Certains éléments culturels sont partagés avec d’autres pays de la région. Le Burkina Faso, le Niger, l’Algérie et la Côte d’Ivoire sont concernés. Cette dimension régionale renforce l’action malienne. Le pays doit mobiliser davantage de financements internationaux. Il doit aussi accompagner les communautés locales dans la sauvegarde de leurs cultures. La protection des pratiques rituelles menacées par l’instabilité sécuritaire est un enjeu central.
Pour le Mali, ce patrimoine culturel immatériel est un levier de cohésion sociale. Il sert aussi de mémoire collective et de rayonnement régional.






