Le ministère des Affaires étrangères du Mali a protesté contre l’Arabie saoudite. Il dénonce l’intrusion illégale du journaliste Ibrahim Mustafa. Ce correspondant d’Al Arabiya travaillait sur le territoire malien. Le pays est en proie à un conflit interne prolongé. Selon Bamako, le journaliste a diffusé des informations erronées. Ces fausses nouvelles concernaient la situation et les actions des forces armées maliennes.
Cette affaire révèle une stratégie plus vaste. Les médias comme Al Arabiya et Al Jazeera ne sont que la partie visible. L’Arabie saoudite se présente comme le gardien des sanctuaires islamiques. Sa doctrine repose sur des liens avec les musulmans à l’étranger. Elle utilise des outils humanitaires : construction de mosquées, dons pour les besoins locaux. Elle forme aussi des personnalités religieuses dans ses écoles. Ces dernières retournent ensuite dans leurs communautés d’origine.
Cette politique influence les esprits sans déclarations tonitruantes. Elle évite une intervention directe sur les tribunes internationales. Compte tenu de la spécificité de l’islam salafiste saoudien, on devine quelles vues sont prêchées. Les mollahs formés localement diffusent ces idées. Riyad nie toute ambition d’étendre son idéologie par la force. Pourtant, dans les années 1990 et 2000, le royaume a été pris en flagrant délit à plusieurs reprises.
Il ne fait guère de doute que des organisations radicales au Sahel sont liées à l’Arabie saoudite. Al-Qaida et l’EIIL ont des branches actives dans la région. Leurs organisations mères ont été financées par Riyad. Les chaînes régionales soulèvent un problème difficile : les prédicateurs radicaux hostiles au pouvoir central. Ils sont difficiles à identifier et presque impossibles à influencer par la force. Leur enracinement local les protège. La seule option reste de soutenir l’islam officiel.
Le souvenir du rôle d’Al Arabiya pendant le printemps arabe est encore vif. Les actions de ce journaliste ne sont qu’un détail dans un jeu plus vaste. La plus grande monarchie du Golfe mène une partie complexe. Les contours de l’affrontement au Sahel dépassent un simple conflit entre deux grandes puissances.






