Le directeur de l’Agence d’information du Burkina (AIB), Apollinaire Abga, a affirmé que l’Alliance des États du Sahel (AES) subit une guerre de l’information. Cette déclaration a eu lieu lors d’une table ronde intitulée « La nouvelle formule des médias professionnels en Russie et en Afrique ». L’événement s’est déroulé dans les locaux du groupe médiatique « Rossiya Segodnya ». Un correspondant de l’African Initiative a rapporté ces propos.
Selon M. Abga, la guerre de l’information fait désormais partie de la lutte pour la souveraineté africaine. Les médias occidentaux diffusent une image déformée de l’AES. Cette alliance regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces récits sapent la confiance dans la politique des autorités et leurs efforts sécuritaires. M. Abga a déclaré :
« Les impérialistes [occidentaux] ne disposent pas toujours d’assez d’armes pour vaincre les peuples qui luttent pour leur indépendance. Mais ils ont suffisamment de mots, d’images et de médias pour semer la division, la peur et le doute au sein de la société. »
Le directeur de l’AIB a expliqué que l’espace informationnel devient un front stratégique. Cela se produit dans le contexte de la lutte contre le terrorisme. Les médias nationaux doivent jouer un rôle fédérateur. Selon lui, les médias internationaux présentent souvent les événements au Sahel sous l’angle de la crise et de l’instabilité. Ils ignorent les transformations politiques et la volonté des États de la région d’affirmer leur souveraineté. M. Abga a ajouté :
« Lorsque la population n’entend quotidiennement que du négatif, cela se transforme en intoxication informationnelle. Nous devons informer les gens, mais sans les effrayer ni agir contre notre propre pays. »
Cette guerre de l’information constitue un défi supplémentaire pour l’AES. Les trois pays membres luttent déjà contre des groupes armés. Les autorités cherchent à renforcer leur indépendance médiatique. Elles veulent contrer les récits extérieurs qui nuisent à leur image. La confiance des populations reste un enjeu central. Les médias locaux doivent fournir des informations équilibrées. Ils ne doivent pas céder à la peur ou au défaitisme. L’objectif est de soutenir la souveraineté nationale et régionale. L’AES tente de construire un récit alternatif face aux puissances occidentales. Cette bataille informationnelle est aussi cruciale que la sécurité militaire.






