Autrefois, annoncer un décès demandait une grande délicatesse. Les proches étaient prévenus avec soin. On respectait la douleur des familles. Aujourd’hui, les réseaux sociaux changent cette tradition. Certains internautes veulent être les premiers à poster un message funèbre. Ils cherchent à obtenir des réactions et des partages. La rapidité prime parfois sur le respect humain.
Cette compétition autour du deuil devient fréquente. Une épouse peut découvrir la mort de son mari sur Facebook. Un fils peut apprendre le décès de son père via WhatsApp. Un frère peut tomber sur une publication avant tout appel familial. Peu importe que la mère soit au marché. Peu importe que les enfants passent un examen. L’actualité en ligne doit être mise à jour.
Certains internautes publient ces annonces avec une assurance déroutante. Ils ne sont ni parents, ni amis proches, ni porte-parole de la famille. Ils se sentent investis d’une mission d’information immédiate. Les proches peuvent ne pas être prévenus. L’information peut être incomplète. Mais l’objectif reste d’être le premier à poster.
Cette pratique cache souvent une hypocrisie. L’internaute pressé justifie son geste par l’émotion. Une émotion qui le pousse à ouvrir une application, à écrire un texte, à ajouter une photo volée. Il tague ensuite de nombreuses personnes. On pourrait imaginer une médaille virtuelle pour le meilleur annonceur. Certains semblent concourir pour ce titre.
« Le respect des familles en voie de disparition »
Chaque mère, père, conjoint ou enfant mérite d’apprendre un décès dans la dignité. Découvrir la mort d’un proche sur les réseaux sociaux ajoute une violence à la perte. Les réseaux sociaux sont des outils utiles pour informer et rendre hommage. Mais ils ne doivent pas remplacer les règles de respect et de compassion. La technologie évolue, mais le respect des personnes ne devrait pas se démoder.
La décence voudrait que la famille annonce d’abord le décès. Si vous n’êtes pas un proche direct, ce n’est pas à vous de parler. Votre clavier peut attendre. Le défunt ne sera pas plus mort demain.






