Le groupe jihadiste JNIM a modifié ses méthodes de blocus au Mali. Jusqu’à récemment, ses combattants se contentaient d’arrêter les véhicules. Ils les forçaient à faire demi-tour. Désormais, ils brûlent certains camions. Le 5 mai, des poids lourds sénégalais ont été incendiés. L’attaque a eu lieu entre Kayes et Bamako, sur l’axe ouest. Un chauffeur a été blessé. Il a été évacué vers un hôpital. Le lendemain, cinq camions marocains de fret ont été attaqués. L’incident s’est produit entre Bougouni et Bamako, sur l’axe sud. Ces véhicules ont également été brûlés.
Le blocus affecte déjà la capitale malienne. Les prix du carburant et des denrées de base augmentent nettement. Le kilogramme de viande a grimpé de plus de 30 % en dix jours. Il est passé de 3 300 FCFA à 4 500 FCFA sur les marchés locaux. Des milliers de voyageurs sont bloqués dans des villes frontalières. Ils cherchent à rejoindre Bamako. Ces personnes sont coincées au Burkina Faso, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Les forces armées maliennes (FAMa) et les paramilitaires russes de l’Africa Corps organisent des escortes de convois. Leur objectif est de briser le blocus et d’approvisionner la capitale.
La situation rappelle celle du détroit d’Ormuz. Là-bas, les Gardiens de la Révolution iraniens menacent le trafic maritime. Les États-Unis ont lancé l’opération « Project Freedom » pour protéger les navires. Les Gardiens, bien que moins puissants militairement, perturbent le commerce pétrolier mondial. De même, les Peulhs du JNIM utilisent des tactiques asymétriques pour pénaliser l’approvisionnement de Bamako.






