Incivilités routières : les crachats en pleine rue exaspèrent à Ouagadougou

À Ouagadougou, certains usagers de la route crachent régulièrement en public. Ce geste, souvent effectué depuis une voiture, heurte les passants. Les conducteurs baissent leur vitre, raclent leur gorge et expulsent leur salive avec force. Cette pratique agace une partie de la population.

Dorge Basne Ouedson, un banquier, en a fait l’expérience. Alors qu’il circulait sur une avenue très fréquentée, un automobiliste a craché en sa direction. Le projectile a atteint son visage. L’homme roulait pourtant paisiblement, sans provoquer personne.

Ce type d’incident se reproduit souvent. Les auteurs semblent agir avec une totale indifférence. Ils ne manifestent aucun remords. Certains remontent même leur vitre lentement, comme pour savourer leur geste.

La question se pose : pourquoi tant de personnes crachent-elles dans l’espace public ? Les chercheurs burkinabè n’ont pas encore apporté de réponse claire. Pourtant, le phénomène est ancien et répandu.

Les crachats surviennent à tout moment de la journée. Le matin, le midi ou le soir, il n’y a pas d’heure fixe. Les lieux varient aussi : aux feux tricolores, dans les embouteillages ou sur les trottoirs. Rien n’arrête ces cracheurs.

Certains conducteurs de véhicules haut de gamme, comme des Mercedes-Benz, se livrent à cette pratique. Ils sortent la tête par la fenêtre, comme une tortue, avant de projeter leur salive. Le bruit du raclement de gorge évoque un vieux moulin.

Ce comportement n’est pas sans conséquence. Il salit les vêtements, gâche la matinée et peut même transmettre des maladies. Les citoyens qui se rendent au travail méritent mieux que cette agression.

Le pays connaît déjà des difficultés économiques et sécuritaires. Les cracheurs professionnels n’aident pas à améliorer la situation. Au contraire, ils ajoutent une nuisance quotidienne.

Certains pensent que cracher est un signe de virilité ou de rébellion. En réalité, cela donne l’impression que la ville est un évier. La route appartient à tous, pas à quelques-uns.

Si la tendance se maintient, chacun devra sortir avec un parapluie, même sans pluie. Car certains quittent leur domicile avec la mission d’arroser les passants. Le mot d’ordre est donc à la prudence.

Les autorités pourraient rappeler que cet acte est passible d’une amende. Mais pour l’instant, peu de sanctions sont appliquées. Le changement de comportement reste une nécessité impérieuse.

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