Le gouvernement burkinabè a annoncé la suspension des importations de riz sur tout le territoire. La décision a été officialisée le 29 avril 2026. Elle est signée par les ministères du commerce, de l’agriculture et de l’économie. L’objectif est d’écouler la production nationale et de renforcer la souveraineté alimentaire. Les autorisations spéciales d’importation ne sont plus délivrées pour l’instant. Les importateurs possédant des autorisations valides ont deux mois pour terminer leurs opérations.
Dans les marchés de Ouagadougou, les réactions sont partagées. Fatimata Traoré, responsable d’un service traiteur, comprend la promotion du made in Burkina. Elle estime toutefois que la transition doit être progressive. Selon elle, la préparation du riz local demande plus d’attention que celle du riz importé.
Il faut trier le riz, enlever les cailloux, le monter à la vapeur, sinon le riz devient de la bouillie. Dans les grandes cérémonies, ce n’est pas simple. Tout le monde ne maîtrise pas cette préparation. Manger le made in Burkina, c’est bien mais il faut aller doucement.
Au restaurant Chez Tantie, la restauratrice constate que le riz local de Bagré ou de Bama est apprécié en milieu rural. Il nécessite cependant un véritable savoir-faire culinaire.
Le riz importé est plus facile à préparer. Quand tu cuisines, c’est joli. Mais pour le riz local, si tu ne sais pas faire, ça colle et tu peux avoir honte devant les clients. Il faut diminuer l’eau, bien surveiller la cuisson et parfois monter à la vapeur. Mais ce riz est beaucoup consommé en province car il y a généralement des personnes âgées qui prennent le temps de trier minutieusement le riz avant cuisson afin d’enlever les petites saletés et les cailloux.
Les commerçants expriment aussi des réserves. Abdoul Ouédraogo, boutiquier, affirme que la qualité du produit préoccupe d’abord les clients.
Généralement, les clients demandent toujours quelle qualité de riz nous avons avant d’acheter. Certains se plaignent que le riz local devient de la bouillie ou contient des cailloux, contrairement au riz importé. Donc, si les grossistes nous apportent du bon riz et que les consommateurs sont satisfaits, personne ne voudra du riz importé.
Il ajoute qu’une mauvaise expérience peut décourager plusieurs clients. Un commerçant surnommé Chez Sénégalais critique le prix du riz local. Un sac de 25 kilos importé coûte 8 000 francs CFA. Le même sac de riz local se vend entre 10 000 et 12 000 francs CFA. Un grossiste spécialisé dans le riz local confie n’avoir vendu qu’un seul sac de 25 kilos en quatre jours.
Les acteurs de la filière riz local tentent de rassurer. Jean-Baptiste Zoma, secrétaire permanent de l’Association nationale des transformateurs de riz du Burkina, salue la mesure. Il y voit un défi et une opportunité pour améliorer la qualité. Il reconnaît que la production actuelle ne couvrira pas tous les besoins immédiats.
Nous ne pourrons pas satisfaire totalement la demande nationale dans l’immédiat, mais cette mesure est une occasion de montrer la qualité du riz local.
Sur les critiques concernant les cailloux et la préparation, Zoma affirme que la qualité a progressé depuis cinq ou six ans. Il mentionne des emballages de qualité et un étiquetage qui donne les conditions de production et des conseils de cuisson.






