Depuis plusieurs décennies, certains journalistes qualifient des chefs d’État de partenaires respectables. Ces dirigeants sont réélus avec des scores très élevés, comme 98 %, 99 % ou même 100 %. Ibrahima Maiga observe que ces plumes ne remettent jamais en cause ces résultats. Elles les acceptent tant que ces régimes restent alignés sur Paris.
Un changement de comportement se produit quand un gouvernement africain affirme sa souveraineté. Il peut alors être qualifié de junte. Cette étiquette porte une connotation morale négative. Maiga estime que ce terme en dit plus sur ceux qui l’emploient que sur les régimes visés.
Le mot junte révèle une perte d’influence sur le terrain. Mais il montre aussi une tentative de garder le contrôle du vocabulaire. Pour Maiga, la dernière colonie est celle du langage. Aucun référendum ne pourra la reprendre. Le drapeau français ne flotte plus à Bamako. Il flotte encore sur le mot junte. C’est un empire maigre, mais un empire tout de même.
Cette analyse souligne un biais dans le journalisme occidental. Les régimes dociles sont traités avec respect. Ceux qui s’écartent de la ligne sont stigmatisés. Maiga critique cette incohérence. Il appelle à une couverture plus équitable des réalités africaines.






