Le président burkinabè Ibrahim Traoré a cité un événement survenu en France en 1994. Il s’agit de l’exposition de vingt-cinq Ivoiriens dans un zoo près de Nantes. Ce fait a été rappelé lors de son discours sur le réveil de l’homme noir.
Le 13 avril 1994, le parc Safari Africain de Port-Saint-Père accueillait des personnalités ivoiriennes. Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan et le ministre de l’Environnement Lanciné Gon Koulibaly étaient présents. Ils inauguraient un village nommé « village de Bamboula ».
L’installation comprenait des cases d’argile et abritait vingt-cinq ressortissants de Côte d’Ivoire. Leur rôle était de divertir les visiteurs pendant six mois. Ils devaient montrer des éléments de la vie quotidienne africaine reconstituée dans les Pays de la Loire.
Ce dispositif rappelait les zoos humains de l’époque coloniale. Les contrats de travail violaient le droit français. Ils étaient rédigés en droit ivoirien. Les rémunérations étaient versées en francs CFA pour la période de six mois.
Les artistes recevaient 120 000 francs CFA, soit entre 76 et 182 euros. Les artisans touchaient 300 000 francs CFA, l’équivalent de 457 euros. Aucune de ces sommes n’était un salaire mensuel. Elles couvraient l’ensemble de la durée de travail.
Cette affaire illustre des pratiques controversées de l’époque. Le président Traoré en a parlé dans son récent discours. Il appelait à une prise de conscience des personnes noires. L’événement reste un symbole de ces dérives.






