Ibrahim Sanfo : l’enfant commerçant devenu leader de l’anacarde

Ibrahim Sanfo dirige aujourd’hui plusieurs organisations agricoles au Burkina Faso. Il préside le Cadre de concertation des organisations interprofessionnelles agricoles. Il dirige aussi le Comité interprofessionnel de l’anacarde du Burkina. Il est également président de l’Alliance africaine du cajou. Son parcours a commencé dans une famille de commerçants modestes. Dès l’âge de sept ans, il travaillait après l’école. Il fréquentait l’école primaire de Médina-Coura. Il a obtenu son baccalauréat au lycée Ouezzin Coulibaly. Il a ensuite étudié à l’université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso. Il y a suivi un DEUG en sciences biologiques.

Il a financé lui-même ses études grâce à de petits commerces.

« Nous avons pratiquement financé nous-mêmes notre parcours scolaire », confie-t-il.

Pendant les vacances, il vendait pour préparer la rentrée. Cette autonomie précoce a nourri son goût pour l’entrepreneuriat. Pour payer ses études, il a enseigné dans des établissements privés. Il a aussi donné des cours particuliers. En 2008, il a ouvert un kiosque dans son quartier. Il suivait les cours le jour. Le soir, il tenait son kiosque tout en révisant.

Au contact de commerçants spécialisés, il a découvert les filières agricoles. Il a appris les métiers du maïs, du sésame, du karité et de l’anacarde. Il a cherché un mentor pour comprendre les rouages. Entre 2012 et 2015, il a parcouru les zones rurales. Il voulait connaître les réalités des producteurs.

« Lorsqu’on veut réussir dans une activité, il est indispensable d’en maîtriser les fondements », affirme-t-il.

En 2015, il a créé son entreprise Prospero. Cette société commercialise du sésame, du karité et surtout de l’anacarde.

Ibrahim Sanfo a rapidement vu un problème dans la filière anacarde. Elle manquait d’organisation malgré son potentiel. Il a utilisé la loi sur les organisations interprofessionnelles pour fédérer les acteurs. Cette volonté a rencontré des résistances. Des acteurs historiques le voyaient comme un intrus. Ses propositions de réforme étaient perçues comme une remise en cause. Il a tenu bon avec honnêteté et persévérance. Les réformes de l’État ont ensuite confirmé sa vision. Les organisations se sont renforcées. Les règles de gouvernance sont devenues plus transparentes.

Un épisode marquant a eu lieu entre 2016 et 2017. Le prix de l’anacarde atteignait presque 1 000 FCFA le kilo. Des unités de transformation burkinabè manquaient de matières premières. Ibrahim Sanfo, alors secrétaire général de l’Union des commerçants exportateurs, a proposé un protocole. Il visait à garantir l’approvisionnement des usines locales. Cette proposition a provoqué de vives contestations. Des menaces de mort ont été proférées contre lui. On a menacé d’incendier son domicile. Il n’a pas cédé. Avec le soutien de commerçants partageant sa vision, les usines ont été approvisionnées. Il considère cela comme son premier vrai succès entrepreneurial.

« Mon ambition a toujours été de construire une chaîne de valeur équilibrée où producteurs, transformateurs et exportateurs vivent dignement de leur travail », résume-t-il.

Aujourd’hui, il estime que les défis de l’anacarde dépassent les frontières nationales. Il souhaite que les pays africains producteurs pèsent davantage sur le marché mondial.

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