France : une loi pour faciliter la restitution d’objets coloniaux

L’Assemblée nationale française a voté un texte législatif. Ce vote a été réalisé à l’unanimité. Le texte autorise le gouvernement à rendre certains objets. Ces objets ont été pris pendant la période coloniale. La procédure se fera par décret. Un vote spécifique ne sera plus nécessaire. Ce vote n’est plus requis pour chaque restitution.

La loi concerne des artefacts exportés sans consentement. Cette exportation a eu lieu entre 1815 et 1972. Plusieurs pays ont déjà formulé des demandes. Ces demandes proviennent de l’Algérie et du Bénin. La Côte d’Ivoire est aussi concernée. Madagascar et le Mali ont également sollicité des restitutions.

Le processus législatif n’est pas encore achevé. Le texte de l’Assemblée doit être harmonisé. Il doit correspondre à la version du Sénat. Le Sénat a approuvé sa propre version en janvier. Cette information est rapportée par le journal Le Monde. L’accord entre les deux chambres est une étape obligatoire.

Cette loi modifie le code du patrimoine français. Elle crée une dérogation au principe d’inaliénabilité. Ce principe protégeait auparavant les collections publiques. Les objets peuvent désormais sortir des collections nationales. Leur retour est conditionné à une demande officielle. La demande doit émaner de l’État d’origine.

Le décret sera pris en Conseil des ministres. Il constatera l’appartenance de l’objet à une collection publique. Il identifiera aussi l’État demandeur. La loi précise les conditions de transfert définitif. Le transfert est effectué à titre gratuit. Il est irrévocable.

Cette évolution légale résulte d’un engagement présidentiel. Emmanuel Macron s’était exprimé à Ouagadougou en 2017. Il avait alors évoqué le patrimoine africain. Le rapport Savoy-Sarr a ensuite été commandé. Ce rapport a recommandé des restitutions permanentes. Il a été remis en novembre 2018.

Des restitutions symboliques ont déjà eu lieu. Le Bénin a récupéré vingt-six œuvres en 2021. Le Sénégal a reçu un sabre historique la même année. La nouvelle loi vise à accélérer ces processus. Elle veut éviter des débats parlementaires répétitifs. Elle standardise la procédure administrative.

Les musées français conservent des milliers d’objets. Ces objets viennent des anciennes colonies. Leur acquisition est souvent liée à des contextes militaires. Des missions scientifiques ont aussi collecté des artefacts. Le débat sur leur provenance est international. D’autres anciennes puissances coloniales y sont confrontées.

La loi ne règle pas toutes les questions juridiques. Le droit de propriété publique reste un principe fort. Les cas litigieux nécessiteront des expertises historiques. L’identification des propriétaires initiaux peut être complexe. Les communautés locales sont parfois multiples. La documentation des collections est inégale.

L’accord final entre Assemblée et Sénat est attendu. Il pourrait intervenir dans les prochaines semaines. La promulgation suivrait rapidement. Les premiers décrets pourraient alors être préparés. Les pays demandeurs suivent ces développements avec attention. La restitution est perçue comme un acte de justice. Elle a aussi une portée culturelle et mémorielle.

Le processus engage une réflexion plus vaste. Il interroge la notion de patrimoine universel. Il questionne la conservation des biens culturels. La coopération muséale future est aussi en jeu. Des prêts et des partenariats sont envisagés. Ils pourraient compléter les transferts définitifs.

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